L'UE promet d'agir face à la crise des migrants en Méditerranée

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L'UE PROMET D'AGIR FACE À LA CRISE DES MIGRANTS EN MÉDITERRANÉE
L'UE PROMET D'AGIR FACE À LA CRISE DES MIGRANTS EN MÉDITERRANÉE

par Robin Emmott et Adrian Croft

LUXEMBOURG (Reuters) - Sommée d'agir après un nouveau drame qui aurait fait au moins 700 morts ce week-end au large des côtes libyennes, l'Union européenne a promis lundi de réfléchir à de nouvelles mesures pour empêcher les morts de migrants en Méditerranée.

Lors de leur réunion hebdomadaire à Luxembourg, les ministres européens des Affaires étrangères ont évoqué plusieurs pistes, du renforcement des missions de sauvetage à la lutte contre les réseaux de passeurs.

"Ce qui est en jeu, c'est la réputation de l'Union européenne", a déclaré la Haute Représentante de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité commune, l'Italienne Federica Mogherini, dont le pays est concerné en premier lieu par cette crise humanitaire.

"Nous ne pouvons pas avoir une réponse italienne à une urgence européenne", a souligné la porte-parole de la diplomatie de l'UE lors de la réunion hebdomadaire des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg.

Les chefs de la diplomatie ont observé une minute de silence à l'ouverture de leur réunion et devaient être rejoints par leurs collègues de l'Intérieur.

La tenue d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE dès cette semaine est à l'étude, a indiqué Federica Mogherini.

La chef de la diplomatie européenne a plaidé pour "bâtir un sens commun de responsabilité" face à cette crise, alors que les pays du nord de l'Europe ont jusqu'ici largement laissé la charge des opérations de sauvetage aux pays du Sud.

"FOSSE COMMUNE"

L'UE rechigne à financer les opérations de secours de peur que cela n'encourage les traversées vers l'Europe mais l'émotion suscitée par le naufrage survenu dans la nuit de samedi à dimanche la met au pied du mur.

"Il est clair pour tout le monde au sein du gouvernement allemand qu'il faut faire quelque chose pour empêcher de nouveaux accidents", a déclaré à Berlin Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel. "Nous devons maintenant nous mettre d'accord très vite sur les mesures appropriées."

En novembre dernier, les Vingt-Huit ont lancé l'opération de surveillance maritime Triton, sous la responsabilité de l'agence de contrôle des frontières Frontex, pour remplacer la mission de sauvetage Mare Nostrum, plus ambitieuse et plus coûteuse, que l'Italie seule avait mise en place un an plus tôt.

Triton, dont le budget mensuel est de 2,9 millions d'euros, trois fois moins que Mare Nostrum, a démarré avec sept navires, deux avions et un hélicoptère.

"Les politiques mises en oeuvre par l'Union européenne sont en train de faire de la mer Méditerranée une fosse commune", a estimé dans un communiqué le président de Médecins sans Frontières en Italie, Loris De Filippi.

Dans un entretien au Parisien, le fondateur de MSF et ancien ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner accuse lui l'UE de "non-assistance à personne en danger". (voir)

Représentant la France à Luxembourg en l'absence de Laurent Fabius, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Harlem Désir a préconisé un renforcement des moyens affectés à l'opération Triton et l'élargissement de ses objectifs.

Le secrétaire britannique au Foreign Office, Philip Hammond, a estimé que toute solution à la crise devait inclure un volet visant les réseaux de passeurs.

L'Autriche a proposé l'ouverture de camps de demandeurs d'asile en Afrique du Nord, supervisés par les Nations unies et l'Italie a souhaité que l'Egypte et la Tunisie participent aux opérations de sauvetage.

(Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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