L'UE prête à aider le secteur laitier touché par l'embargo russe

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BRUXELLES, 22 août (Reuters) - L'Union européenne est prête à venir en aide aux exportateurs de produits laitiers touchés par l'embargo russe sur les importations de produits alimentaires occidentaux, a déclaré vendredi la Commission. L'embargo russe, annoncé au début du mois en représailles aux sanctions commerciales adoptées en raison du rôle attribué à Moscou dans la crise en Ukraine, concerne la viande, le poisson, les fruits et légumes et les produits laitiers en provenance des Etats-Unis, de l'UE du Canada, d'Australie et de Norvège. "La Commission (...) n'hésitera pas, si nécessaire, à prendre en urgence de nouvelles mesures de soutien au marché, notamment pour certains produits laitiers pour lesquels l'impact de l'embargo russe semble évident", a déclaré l'exécutif communautaire dans un communiqué, après une nouvelle réunion d'experts des 28 pays membres de l'UE. La semaine dernière, la Commission avait annoncé le déblocage de 125 millions d'euros d'aides pour les producteurs de fruits et légumes périssables. Mais des fédérations d'exploitants agricoles, comme la Copa-Cogeca, ont souligné depuis la baisse rapide des prix dans l'Union en réclamant des mesures supplémentaires, notamment pour le secteur laitier. La Russie a importé en 2013 pour 1,3 milliard d'euros de fromage et de beurre originaires de l'UE. Au total, les exportations agricoles de l'UE vers la Russie représentent environ 11 milliards d'euros par an, soit quelque 10% de la totalité des exportations agricoles européennes. La CE peut utiliser les réserves d'urgence prévues par la Politique agricole commune (PAC) pour compenser l'impact d'une perturbation exceptionnelle des marchés, soit environ 420 millions d'euros. Mais ces sommes pourraient rapidement se révéler insuffisantes si les tensions commerciales avec Moscou persistent ou s'aggravent. La coopérative laitière finlandaise Valio a ainsi estimé que la crise pourrait lui faire perdre 240 millions d'euros de ventes sur le marché russe. Les producteurs de pêches et de nectarines de l'UE ont été les premiers à bénéficier du soutien de Bruxelles, la Commission ayant porté le 11 août de 5% à 10% la part de la production qui peut être retirée du marché et distribuée gratuitement, une mesure accompagnée de 30 millions d'euros d'aides financières. L'impact de l'embargo russe sur le secteur du lait et celui de la viande sera étudié de manière plus détaillée lors d'une nouvelle réunion d'experts des Etats membres le 28 août. Une réunion extraordinaire des ministres de l'Agriculture sur le sujet est prévue le 5 septembre. (Julia Fioretti, avec Barbara Lewis,; Marc Angrand pour le service français)

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