L'UE pourrait revoir à la baisse la future "taxe Tobin"

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L'UE POURRAIT REVOIR À LA BAISSE LA FUTURE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES
L'UE POURRAIT REVOIR À LA BAISSE LA FUTURE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIÈRES

STRASBOURG (Reuters) - L'Europe pourrait réduire la portée de la future taxe sur les transactions financières, a déclaré mardi Algirdas Semeta, le commissaire européen chargé de la politique fiscale, confirmant ainsi publiquement qu'un assouplissement du projet initial était bien à l'étude.

Cette taxe, censée faire contribuer les banques au coût de l'assainissement du secteur après la crise financière de 2007-2009, est également appelée "taxe Tobin", du nom de l'économiste américain, James Tobin, qui en a eu l'idée il y a plus de 40 ans.

S'exprimant devant le Parlement européen, Algirdas Semeta a dit qu'il préférait voir le taux de cette taxe être revu à la baisse pour les transactions sur des produits tels que les obligations souveraines plutôt que d'arriver à une exemption pure et simple.

Ces déclarations pourrait permettre de remettre sur les rails un projet qui a suscité des divisions au sein même des 11 pays qui en ont adopté le principe -France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Portugal, Belgique, Estonie, Grèce, Slovaquie, Slovénie.

"La Commission est prête à examiner les suggestions allant dans le sens d'une introduction de la taxe avec des taux moins élevés pour des produits de segments de marché spécifiques", a dit Algirdas Semeta, ajoutant que ce taux pourrait être revu par la suite.

"Aussi bien les obligations souveraines que les fonds de pension devrait être visés par la directive. Toutefois, pour ces deux catégories de produits, un taux réduit (...) pourrait être une bonne manière d'aller de l'avant et devrait être examinée."

A la fin du mois de mai, un responsable proche des négociations sur la taxe avait dit à Reuters que les pays européens envisageaient de réduire radicalement la portée de cette taxe, avec notamment un taux effectif qui serait divisé par 10 par rapport au projet initial.

De hauts fonctionnaires européens pensaient que la taxe sur les transactions financières permettrait de lever jusqu'à 35 milliards d'euros par an. Mais ce calcul prenait pour base une taxe représentant 0,1% de la valeur des transactions boursières concernées alors que, suivant la dernière mouture du projet, elle serait ramenée à 0,01%, avaient expliqué des responsables.

La France et l'Italie ne souhaitent pas voir cette taxe s'imposer également aux transactions sur fonds d'Etat, craignant que cela décourage les investisseurs.

En cas d'adoption d'une taxe au rabais, ce serait une victoire pour les banques et les intermédiaires financiers qui ont jeté toutes leurs forces dans la bataille contre le mécanisme.

John O'Donnell, Benoit Van Overstraeten pour le service français

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  • TL70190 le mercredi 3 juil 2013 à 02:03

    si les gens ne comprennent pas avec ça , on est dans la m..de !