L'UE pourrait réduire son aide aux soldats burundais en Somalie

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    par Edmund Blair 
    NAIROBI, 29 mars (Reuters) - L'Union européenne envisage de 
réduire ses financements au contingent burundais de la force de 
maintien de la paix en Somalie pour tenter de contraindre le 
président du Burundi, Pierre Nkurunziza, à ouvrir des 
discussions avec ses opposants, a-t-on appris de plusieurs 
sources diplomatiques.  
    Le gouvernement Nkurunziza est jusqu'à présent resté 
insensible aux multiples pressions exercées par les pays 
occidentaux pour tenter de débloquer la situation politique à 
Bujumbura, où les tensions nées il y a un an menacent de 
dégénérer en guerre civile.  
    Plusieurs officiers de haut-rang de l'armée burundaise ont 
tenté en mai dernier de destituer Nkurunziza, dont la 
candidature à un troisième mandat était jugée 
inconstitutionnelle par une partie de l'opposition, mais ce coup 
d'Etat s'est soldé par un échec, le gros des troupes restant 
fidèle au président.  
    Depuis, les violences au Burundi ont fait plus de 400 morts 
et 220.000 personnes, soit 2% de la population du pays, se sont 
réfugiées dans des pays voisins, comme le Rwanda.  
    Le contingent burundais de l'Amisom, la force de maintien de 
la paix de l'Union africaine, rapporte 13 millions de dollars 
(11,6 millions d'euros) par an à l'Etat et 52 millions aux 
quelque 5.400 soldats qui le composent.  
    Pour chaque soldat africain envoyé en Somalie, un Etat 
participant à l'Amisom reçoit 1.000 dollars par mois pour sa 
solde et les frais logistiques, une somme payée par un fonds 
alimenté par l'UE. Dans le cas du Burundi, l'Etat conserve 200 
dollars et en reverse 800 aux soldats du contingent de l'Amisom. 
    Ce financement pourrait donc être le talon d'Achille du 
gouvernement Nkurunziza.  
    "Le soutien au contingent burundais de l'Amisom ne peut pas 
se poursuivre en l'état", a déclaré un diplomate européen.  
    La suppression totale des financements fait partie des 
options mises à l'étude mais c'est la plus extrême et elle est 
improbable, a-t-il ajouté. Une telle décision obligerait en 
effet l'Union africaine, qui supervise les 22.000 soldats de 
l'Amisom, à trouver d'autres donateurs.  
    Un deuxième diplomate européen a déclaré que les fonds 
versés par l'UE ne seraient plus transférés à l'Etat burundais 
et que les 20% conservés jusqu'à présent par celui-ci seraient 
abandonnés. 
    "En aucune manière nous ne continuerons à payer cela", 
a-t-il dit à Reuters, précisant que l'UE était en train de 
négocier avec l'UA pour élaborer un mécanisme permettant de 
contourner Bujumbura.  
    Le 14 mars, arguant d'une situation "très préoccupante", 
l'UE a suspendu les financements directs à l'Etat burundais. Les 
aides d'urgence sont toutefois maintenues. Bruxelles réclame à 
Bujumbura des garanties sur la liberté de la presse et les 
droits de l'homme ainsi que l'ouverture de discussions de paix.  
       
 
 (Avec Ed Cropley à Johannesburg; Marc Angrand pour le service 
français) 
 
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