L'UE pourrait devoir renoncer à encadrer le trading des banques

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    par Huw Jones 
    LONDRES, 9 février (Reuters) - Le projet de directive 
européenne visant à encadrer strictement les activités de 
trading risquées des banques pourrait être purement et 
simplement abandonné faute de consensus entre les principaux 
partis du Parlement européen, a déclaré mardi l'un des 
parlementaires chargé du dossier au sein de l'assemblée.  
    La réforme, qui doit obtenir l'aval des Etats membres de 
l'Union européenne (UE) et du Parlement pour pouvoir entrer en 
vigueur, vise à empêcher les banques de s'engager dans des 
opérations risquées à but spéculatif, susceptibles de les mettre 
en difficulté.  
    Initiée par la Commission européenne il y a deux ans, elle 
se heurte à une vive opposition du secteur bancaire, qui juge 
déjà trop contraignantes les nouvelles règles mises en oeuvre 
depuis la crise financière.  
    Les Etats membres ont déjà approuvé un projet mais le 
Parlement ne parvient pas à s'accorder sur un texte en raison 
d'un désaccord sur le degré d'"automatisme" de la séparation des 
activités de trading à risque dans une entité juridique 
distincte de celle regroupant les principales activités de la 
banque.  
    Les partis de centre droit souhaitent une formulation qui 
assurerait une certaine souplesse aux autorités de régulation 
afin d'éviter des scissions forcées systématiques. 
    "Tout dépend de la volonté des socialistes de l'accepter", a 
déclaré à Reuters Gunnar Hökmark, élu suédois du groupe Parti 
populaire européen (PPE) au Parlement. 
    Mais Jakob von Weizsäcker, élu allemand social-démocrate, 
estime que les banques doivent prouver qu'elles sont saines et 
que les autorités de tutelle doivent pouvoir prendre des mesures 
si elles ne le sont pas.  
    "Nous sommes favorables à une inversion de la charge de la 
preuve afin qu'à l'avenir, les banques soient obligées de 
démontrer à leurs superviseurs qu'elles ne posent pas un risque 
systémique", a-t-il dit à Reuters.  
    Un tel mécanisme éviterait aux régulateurs tout risque de 
contestation juridique d'une éventuelle scission forcée. Mais 
certains députés craignent qu'il soit impossible à faire 
adopter.  
    Gunnar Hökmark a précisé qu'aucun nouveau vote n'était prévu 
pour l'instant et il a ajouté que si certains insistaient sur 
"une automaticité implicite ou explicite", alors "il n'y aura 
aucune législation, et je le regretterai".  
    "Je suis patient. Nous ne sommes pas pressés au point 
d'avoir besoin de mettre quelque chose en place", a-t-il ajouté, 
disant espérer un "accord responsable".  
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid 
Exbrayat) 
 
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  • frk987 il y a 10 mois

    Les fonctionnaires européens auraient donc la prétention de comprendre quoique ce soit au fonctionnement d'une banque ?????? On rêve ou bien on veut amuser le bon peuple !!!!!!

  • fdha il y a 10 mois

    comment des technocrates hors sol peuvent_ils pretendre gerer et organiser des activités dont ils ne comprennent ni l'alpha,ni l'omega?Faudrait-il encore qu'ils aient une connaissance de ce dont ils parlent!En 1789,la Révolution a debuté par le refus de priviléges que s'étaient arrogé des "hors sols" qui prétendaient "savoir" ;;un remake,bientot?

  • M8252219 il y a 10 mois

    Le lobbyisme financier à l’œuvre, plus fort que les parlementaires de l'union Européenne .UN SCANDALE. IL FAUT DÉSIGNER LES PARLEMENTAIRES ET LES HAUTS FONCTIONNAIRES QUI BLOQUENT CETTE RÉGLEMENTATION . C'EST INADMISSIBLE.