L'UE passe en revue ses options pour aider l'Ukraine

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L'UE PASSE EN REVUE SES OPTIONS POUR AIDER L'UKRAINE
L'UE PASSE EN REVUE SES OPTIONS POUR AIDER L'UKRAINE

par Luke Baker et Justyna Pawlak

BRUXELLES (Reuters) - L'Europe examine une palette d'options pour aider financièrement l'Ukraine à court et long terme mais aucun programme ne verra vraisemblablement le jour avant l'élection présidentielle de mai, ni sans coordination avec le Fonds monétaire international.

Le ministère des Finances ukrainien a évalué lundi à 35 milliards de dollars (25,5 milliards d'euros) les besoins du pays pour 2014 et 2015 et souhaité obtenir un premier versement dans les deux semaines à venir, suggérant l'organisation d'une conférence de donateurs.

Il est hautement peu probable que l'Europe mette autant d'argent sur la table dès maintenant. Mais des prêts bilatéraux d'ampleur limitée pourraient être débloqués afin de fournir une aide à court terme, déclarent des responsables européens.

Des échanges ont déjà eu lieu avec le Japon, la Chine, le Canada, la Turquie et les Etats-Unis, a déclaré un haut responsable de la Commission européenne. Des efforts sont en cours pour maintenir également la Russie dans les discussions.

"Rien ne peut être exclu", a dit un autre responsable impliqué dans les débats en cours.

"Beaucoup de propositions sur lesquelles nous travaillons exigent qu'un accord avec le FMI soit en place, ce qui signifie qu'il faut un gouvernement opérationnel en Ukraine, ce qui demande d'attendre les élections."

Les nouvelles autorités ukrainiennes ont fixé au 25 mai la date d'une élection présidentielle.

"Mais l'UE est bien placée pour coordonner les actions si les pays membres donnent de l'argent. Ils ont les ressources et souhaitent fournir une aide."

UNE CONFÉRENCE DES DONATEURS ?

Selon le porte-parole de la Commission Olivier Bailly, l'UE travaille sur un programme de soutien économique à court, moyen et long terme. "Il est trop tôt pour privilégier une option ou un ensemble d'options, mais nous sommes prêts à aider pourvu qu'il y ait des réformes économiques en Ukraine", a-t-il dit.

Olivier Bailly a minimisé la possibilité d'une conférence de donateurs, idée à laquelle a souscrit le ministre grec des Affaires étrangères Evangelos Venizelos lors d'une réunion des pays d'Europe centrale et orientale à Budapest.

"Je ne suis personnellement pas au courant qu'une décision ait été prise à propos d'une telle conférence", a dit Olivier Bailly. "Mais étant donné que la haute représentante (de l'UE pour la politique étrangère) Catherine Ashton est à Kiev, je suis sûr qu'elle sera la première à s'exprimer si une telle annonce est confirmée."

Il y a trois mois, l'UE espérait signer après des années de négociations un pacte de libre-échange avec l'Ukraine mais le président Viktor Ianoukovitch a soudainement fait volte-face, rejetant l'accord pour renforcer un rapprochement avec la Russie et déclenchant la colère des partisans de l'Europe et le début des manifestations qui ont conduit samedi à sa destitution.

L'UE avait alors changé son fusil d'épaule. Estimant avoir perdu l'Ukraine au profit de Moscou, elle avait commencé à examiner une perspective à plus long terme. Mais l'Histoire s'est accélérée et Bruxelles se retrouve désormais contrainte de trouver des solutions rapides pour subvenir aux besoins de financement de l'ex-république soviétique.

S'il est clair que Kiev a des besoins rapides de financement, certains analystes en relativisent l'urgence et estiment que le pays pourra attendre l'issue de la présidentielle du 25 mai.

"De notre point de vue", écrit cependant la banque Goldman Sachs dans une note, "les considérations politiques priment dans ce cas sur les considérations économiques ou financières et l'aide occidentale sera probablement suffisante pour prévenir un événement de crédit à court terme."

LE FMI EXIGE DES RÉFORMES

L'Ukraine, dont le produit intérieur brut a atteint 162 milliards de dollars en 2013, doit rembourser pour 6,5 milliards de dollars de dette extérieure avant la fin 2014 et trouver environ la même somme pour financer son déficit de la balance des paiements courants. Elle doit rembourser 1 milliard de dollars d'euro-obligations début juin et l'Etat s'est également porté garant d'un emprunt de 1,6 milliard de dollars émis par la compagnie gazière nationale, Naftogaz, qui arrive à échéance en septembre.

La croissance de l'économie a été nulle en 2013 et la hryvnia, la monnaie nationale, a perdu plus de 8% de sa valeur en trois mois. L'économie du pays est dominée par la sidérurgie, la chimie et les exportations de céréales et la moitié de ses exportations vont vers la Russie, qui a menacé de lui infliger de lourdes sanctions en cas de signature de l'accord avec l'UE.

Les Etats-Unis et l'UE soulignent que leur aide à l'Ukraine sera fournie en coordination avec le FMI, qui négocie avec Kiev depuis des années. Le Fonds a accepté d'accorder un prêt de 15,5 milliards de dollars en 2010, mais l'accord a été gelé l'an dernier, le pays n'ayant pas appliqué les réformes demandées.

L'UE espère qu'après l'élection de mai, l'Ukraine sera en mesure de reprendre des négociations avec le FMI et s'engagera à réformer.

Le FMI demande notamment à Kiev de supprimer les subventions sur le gaz et de laisser flotter librement la hryvnia.

Si l'Ukraine parvient à mettre en oeuvre un accord avec le FMI, cela permettra à l'UE de débloquer 2 à 3 milliards d'euros d'aide en supplément, et sans doute aussi l'ouverture de discussions avec la Banque mondiale, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et la Banque européenne d'investissement.

Dans le même temps, la Russie, qui a suspendu une aide de 15 milliards de dollars offerte à l'Ukraine en décembre et pourrait décider de relever le prix du gaz qu'elle livre au pays, garde une partie des cartes en main.

Lors d'une visite à Pékin, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a résumé l'équilibre délicat que l'UE s'efforce de trouver, en déclarant qu'il serait "souhaitable" que la Russie offre son aide à l'Ukraine.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Joanny

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  • M4145072 le lundi 24 fév 2014 à 19:15

    Tout à fait d'accord avec andre40; il vaut mieux rembourser notre dette (et, dans tous les cas, ne pas creuser davantage nos déficits) que d'aider des pays qui ne sont exsangues que par la mauvaise gestion et les détournements de fonds de leurs dirigeants.

  • ZvR le lundi 24 fév 2014 à 18:02

    En tout cas une chose est sure les ukrainiens n'ont pas fini de souffrir

  • ZvR le lundi 24 fév 2014 à 17:57

    Fabius qui supporte le coup d'état antirusse en ukraine trouve maintenant souhaitable que la Russie envoie des sous. Il pourrait demander à son fils et à son pote BHL d'envoyer leur contribution.... Suis curieux savoir combiejn BHL va donner :)

  • andre40 le lundi 24 fév 2014 à 17:57

    et si avec cet argent on remboursait notre dette au lieu de celle de l'Ukraine?

  • M1310580 le lundi 24 fév 2014 à 17:53

    surtout pas un sou !

  • M8951316 le lundi 24 fév 2014 à 17:52

    voter pour les mêmes!

  • M8951316 le lundi 24 fév 2014 à 17:51

    et sagement vous allez votez pour les mêmes ...!!!

  • M1613438 le lundi 24 fév 2014 à 17:48

    le ministre des affaires etrangéres Grec Evangelos Venizélos,est d'accord pour une conference des donateurs ......comique non ?

  • l.badet- le lundi 24 fév 2014 à 17:35

    Qui va payer une fois de plus? Le contribuable occidental (dont la France, qui a les moyens comme on le sait tous)à qui on va augmenter les impots un peu plus. Tous dans la rue!!!

  • TL70190 le lundi 24 fév 2014 à 17:33

    ça ne sent pas bon tout ça , dans quoi on va encore se fourrer ?

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