L'UE négocie avec la Turquie pour arrêter les flux de migrants

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L'UE NÉGOCIE AVEC LA TURQUIE POUR JUGULER L'AFFLUX DE MIGRANTS
L'UE NÉGOCIE AVEC LA TURQUIE POUR JUGULER L'AFFLUX DE MIGRANTS

par Jean-Baptiste Vey

BRUXELLES (Reuters) - Les dirigeants européens ont entamé lundi une difficile négociation avec la Turquie pour tenter de juguler l'afflux de migrants en Europe, une discussion compliquée par les demandes d'Ankara sur l'adhésion à l'UE, l'aide financière et l'obtention de visas par les ressortissants turcs.

Après leur rencontre avec le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, les Européens tenteront de s'accorder sur cette crise et de dépasser les dissensions liées aux restrictions de circulation imposées par certains membres de l'espace Schengen.

"J'espère que nous avancerons aujourd'hui mais cela nécessitera des négociations difficiles", a dit la chancelière allemande, Angela Merkel, à son arrivée à Bruxelles.

"Nous avons de nombreux défis devant nous", a déclaré Ahmet Davutoglu, souhaitant que la rencontre ne se focalise pas uniquement sur la crise des migrants mais examine aussi comment faire progresser les relations entre Ankara et l'Union.

Pour François Hollande, "le plan est simple à énoncer, difficile à mettre en oeuvre: c'est sécurité des frontières extérieures, coopération avec la Turquie et solidarité avec la Grèce".

Les Européens veulent que la Turquie protège mieux ses frontières et reprenne sur son sol des migrants passés eu Europe qui ne peuvent prétendre y recevoir l'asile. En échange, selon un accord passé en novembre, l'Europe a promis 3 milliards d'euros d'aide aux millions de réfugiés installés en Turquie.

Selon des sources européennes, les Turcs ont demandé plus d'argent et une libéralisation immédiate des visas pour l'Europe sans attendre le rapport de la Commission sur le sujet en octobre, des demandes jugées irrecevables par les Européens.

Intervenant depuis Istanbul à la télévision turque, le président Recep Tayyip Erdogan a fait monter la pression.

"Nous avons déjà dépensé dix milliards de dollars pour trois millions de personnes. Ils (les Européens-NDLR) nous ont promis trois milliards d'euros, quatre mois se sont écoulés depuis. Notre Premier ministre est actuellement à Bruxelles, j'espère qu'il rentrera avec cet argent, avec ces trois milliards d'euros", a-t-il dit.

"Les Turcs négocient très durement", a confié un diplomate européen de haut rang.

Un autre responsable de l'UE a annoncé en début d'après-midi que le sommet serait prolongé dans la soirée pour que la partie turque puisse présenter de "nouvelles idées". Les Turcs, a-t-il, dit, "offrent plus mais demandent aussi plus" que le plan initial conclu en novembre.

Le coup de force mené vendredi par les autorités turques contre le journal Zaman menace de compliquer encore les discussions, les Européens étant partagés entre la colère envers la Turquie et la crainte de ne pas obtenir son aide.

"Coopération avec la Turquie ne veut pas dire qu'on accepte tout de la Turquie", a dit François Hollande. "La presse elle doit être libre partout, et notamment en Turquie."

FERMER LA "ROUTE DES BALKANS" ?

Parmi les Européens, la formule entérinant la fermeture des frontières des pays situés sur la "route des Balkans" occidentaux, adoptée dimanche lors d'une réunion des ambassadeurs de l'UE, était contestée lundi par l'Allemagne.

Angela Merkel bénéficie sur ce point du soutien du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a précisé une source, alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, souhaite la conserver.

Entériner les fermetures des frontières de la Macédoine, de l'Autriche et d'autres pays situés sur la route de l'Allemagne, qui ont pour conséquence de bloquer les migrants en Grèce, s'accompagnerait d'un engagement à relancer le projet de relocalisation des demandeurs d'asile, resté largement lettre morte pour le moment.

La France a renouvelé son engagement d'accueillir 30.000 réfugiés, sur les 160.000 prévus au total, et François Hollande a déclaré lundi qu'il était possible d'envisager des relocalisations depuis la Grèce mais aussi depuis la Turquie.

L'Otan a annoncé dimanche que sa nouvelle force navale chargée de patrouiller en mer Egée avait été autorisée à opérer dans les eaux grecques et turques. La Turquie s'est engagée à reprendre les migrants interceptés dans ses eaux territoriales ou ayant gagné la Grèce sans avoir obtenu l'asile dans l'UE.

Depuis la fermeture des frontières plus au nord, quelque 30.000 migrants sont bloqués en Grèce et 2.000 à 3.000 supplémentaires arrivent chaque jour sur son territoire.

S'exprimant dimanche devant le conseil national de son parti Syriza, le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a appelé ses partenaires européens à choisir entre "la peur et le racisme et la solidarité".

(Avec bureau européen de Reuters et Daren Butler et Ece Toksabay à Istanbul, édité par Yves Clarisse)

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  • nono67 le lundi 7 mar 2016 à 16:31

    " j'espère qu'il rentrera avec cet argent " . Il est maso erdogan . Il prend l'europe pour un dab et nous fait chanter . Il utilise les migrants pour obtenir l'adhésion à l'ue . Aidons la grèce à rendre sa frontière hermétique et les turcs devront se débrouiller avec . Il faudra aussi m'expliquer pourquoi des milliers d'irakiens , afghans , syriens et autres migrent aujourd'hui alors que leurs pays sont en guerre depuis de nombreuses années . Manipulation géo politique en utilisant les êtres hum

  • fdha le lundi 7 mar 2016 à 16:25

    baissez vos falzars : les turcs ont un gout immoderé pour cette position...vous finirez par aimer,depuis le temps ....3