L'UE négocie avec Ankara une réduction de l'afflux de migrants

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    par Robin Emmott et Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 2 mars (Reuters) - L'Union européenne presse 
Ankara de ramener à moins de mille par jour le nombre de 
migrants et réfugiés arrivant en Grèce par la mer, en échange de 
la prise en charge directe de réfugiés en territoire turc, 
rapportent des responsables européens.  
    "Il n'y a pas de bonne alternative à une coopération 
efficace avec la Turquie", a résumé le président du Conseil 
européen avant un déplacement jeudi en Turquie, où il 
s'entretiendra avec le président Recep Tayyip Erdogan à quelques 
jours du sommet UE-Turquie du 7 mars. 
    Un peu plus de trois mois après la signature, le 29 
novembre, d'un accord entre l'UE et la Turquie censé endiguer 
les arrivées de migrants et réfugiés sur le territoire de l'UE, 
plus de 2.000 personnes franchissent encore chaque jour la mer 
Egée à bord de canots pneumatiques ou de chalutiers pour gagner 
les îles grecques.  
    L'Allemagne, la principale destination finale des migrants, 
cherche à réduire l'afflux quotidien à moins de mille, afin de 
pouvoir commencer à prendre en charge des réfugiés directement 
en Turquie, ce qui permettrait aux demandeurs d'asile de voir 
qu'il existe un moyen autre d'arriver en Europe sans risque de 
noyade en mer ou de blocage aux frontières, expliquent plusieurs 
responsables européens. 
    Plus d'un million de personnes sont arrivées en Europe l'an 
dernier, fuyant les guerres ou des économies en crise au 
Proche-Orient, en Asie ou en Afrique.  
    Les arrivées ont diminué ces derniers mois, essentiellement 
en raison de l'hiver, même si leur nombre reste élevé.  
    "Les Allemands sont prêts à faire un geste si les Turcs 
ramènent le nombre d'arrivées à moins de mille par jour", 
déclare un fonctionnaire de l'UE impliqué dans les négociations 
avec Ankara.  
    Si le flux diminuait, l'UE pourrait également commencer à 
envoyer de l'argent à Ankara pour l'aider à héberger ses 
réfugiés, syriens ou autres, dans le cadre de l'aide de 3 
milliards d'euros promise dans l'accord du 29 novembre.  
     
    "EVITER UN DÉSASTRE HUMANITAIRE" 
    Aucune partie de cette somme n'a encore été déboursée, même 
si près de 400 millions d'euros provenant d'autres fonds de l'UE 
sont déjà mobilisés pour aider les réfugiés en Turquie.  
    Pour réduire le nombre d'entrées sur son territoire, l'UE a 
également obtenu que l'Otan participe aux patrouilles en mer 
Egée pour dissuader les passeurs, mais cette mission n'est pas 
encore pleinement opérationnelle, ce qui explique que l'UE fasse 
pour l'instant de la mise en oeuvre du plan d'action UE-Turquie 
sa priorité.  
    En échange d'une aide accrue de la Turquie, Bruxelles promet 
d'accélérer les pourparlers d'adhésion d'Ankara à l'UE et 
l'assouplissement de la délivrance de visas pour les Turcs se 
rendant en Europe.  
    "Nous attendons un engagement plus fort de la part de nos 
partenaires pour éviter un désastre humanitaire", a déclaré 
Donald Tusk mardi à l'issue d'entretiens à Vienne et Ljubljana, 
où il a souhaité la levée des restrictions aux frontières qui 
bloquent actuellement quelque 20.000 personnes en Grèce.  
    Angela Merkel devrait discuter de la situation sur le front 
migratoire vendredi à Paris avec le président François Hollande. 
    Lundi, la chancelière allemande a minimisé les chances de 
parvenir à une percée décisive lors du sommet UE-Turquie de 
lundi prochain. "Je ne peux pas promettre que le prochain sommet 
résoudra tous nos problèmes. Mais nous pouvons faire un nouveau 
pas en avant", a-t-elle dit.  
    Signe d'un progrès, la Turquie a offert de signer des 
accords de réadmission avec 14 pays, a indiqué le porte-parole 
du ministère turc des Affaires étrangères. Cela permettrait à 
Ankara de reprendre plus rapidement des migrants dont le dossier 
a été rejeté par l'UE. 
    La Commission a annoncé mercredi que 308 migrants 
irréguliers étaient sur le point d'être rapatriés de Grèce vers 
la Turquie. "Une petite mesure mais un pas dans la bonne 
direction", veut croire un responsable européen. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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  • d.contan il y a 9 mois

    moins de 1000 migrants soit 999 en echange d'une aide à la turquie.on est encore tres mal barré