L'UE ne devrait pas limiter les investissements chinois-sces

le
0
    * Les investissements chinois dans l'UE ont bondi de 77% en 
2016 
    * La proposition de Macron au menu du sommet de l'UE 
    * Les petits pays s'opposent à toute limitation 
 
    par Robin Emmott et Gabriela Baczynska 
    BRUXELLES, 21 juin (Reuters) - Les dirigeants européens ne 
vont pas soutenir, lors du sommet de l'UE, l'appel d'Emmanuel 
Macron qui prône la limitation des prises de participations 
d'investisseurs étrangers dans les industries stratégiques, 
selon quatre diplomates. 
    Ils sont d'accord pour surveiller ces investissements mais 
n'envisagent pas une nouvelle législation pour y faire barrage, 
ont-ils ajouté. 
    Si le rachat du suisse Syngenta  SYNN.S  par le chinois 
ChemChina  CNNCC.UL , une opération de 43 milliards de dollars 
(37,5 milliards d'euros), a ravivé les craintes que l'Europe 
perde le contrôle d'activités stratégiques, de nombreux 
gouvernements de l'Union européenne sont trop dépendants des 
investissements chinois pour limiter le pouvoir de Pékin, ont 
dit ces diplomates. 
    "Je ne pense pas que bloquer les investissements chinois 
soit à l'ordre du jour", a déclaré un responsable de l'UE. 
    Lors du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement qui se 
tient jeudi et vendredi à Bruxelles, les dirigeants doivent 
discuter de cette Europe plus protectrice défendue durant la 
campagne électorale par le candidat Emmanuel Macron, une Europe 
qui limiterait les effets néfastes de la mondialisation. 
    A l'occasion de son premier sommet européen depuis son 
élection à la présidence, Macron veut plaider pour un mécanisme 
à l'échelle européenne qui permettrait de limiter les prises de 
contrôles étrangères dans certains secteurs industriels. 
    Sa proposition a reçu le soutien de l'Allemagne et de 
l'Italie. Le feu vert donné en avril par la Commission 
européenne à la fusion ChemChina/Syngenta contrarie Paris et 
Rome alors même que Pékin continue à restreindre les 
investissements étrangers en Chine. 
    Les investissements directs chinois dans l'UE ont bondi de 
77% en 2016 par rapport à 2015, à plus de 35 milliards d'euros, 
tandis que ceux de l'UE en Chine ont accusé un repli pour la 
deuxième année consécutive, selon le Rhodium Group. 
    "Il faut que les Européens comprennent que leur mission 
c'est de défendre un système de régulation de la mondialisation 
fondé sur des règles, à la fois ouvert mais aussi très ferme 
quand la concurrence n'est pas loyale", a-t-on déclaré à 
l'Elysée. 
    Mais de petits pays comme la Hongrie et la Grèce, dont le 
premier port est passé sous pavillon chinois, dépendent eux des 
investissements chinois et s'opposent à toute tentative de 
blocage. 
    Dans l'entourage du président français, on reconnaît que 
certains Etats ne sont pas prêts à laisser une institution 
européenne décider pour eux. 
    "Environ la moitié des Etats membres ont un dispositif plus 
ou moins puissant de contrôle de certains investissements 
étrangers.(...) On n'est pas aujourd'hui encore mûr pour avoir 
un système qui prend la décision au niveau européen."      
    D'autres fervents partisans du libre-échange, comme la 
Suède, veulent empêcher toute mesure susceptible de promouvoir 
le protectionnisme défendu par le président américain Donald 
Trump. 
    Dans un souci de compromis, les dirigeants européens 
pourraient accepter "d'étudier les manières d'identifier et 
d'examiner les investissements de pays tiers dans les secteurs 
stratégiques", selon un projet de communiqué. 
    Ils devraient également souligner la nécessité de "respecter 
les compétences des Etats membres", la formule utilisée par l'UE 
pour limiter le pouvoir de la Commission. 
    La déclaration à l'issue du sommet devrait se borner à dire 
que les Etats sont seulement d'accord pour demander à l'exécutif 
européen de fournir des recommandations en matière de prises de 
contrôle étrangères.  
    "On ne s'attend à aucune proposition législative", a ajouté 
un des diplomates.    
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey et Michel Rose à Paris; Catherine 
Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant