L'UE met en garde contre un afflux de réfugiés venus de Libye

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    BRUXELLES, 18 mars (Reuters) - La Haute Représentante de 
l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique 
de sécurité a mis en garde vendredi contre un possible afflux 
vers l'Europe d'environ un demi-million de réfugiés en 
provenance de Libye.  
    Selon Federica Mogherini, Bruxelles réfléchit à l'idée 
d'envoyer une mission de sécurité civile en Libye, où le chaos 
menace dans l'attente de l'installation d'un gouvernement 
d'union nationale.  
    "Il y a plus de 450.000 personnes déplacées et réfugiées en 
Libye, qui sont autant de candidats potentiels à la migration 
vers l'Europe", écrit-elle dans une lettre lue par Reuters.  
    La haute représentante évoque en outre un projet de mission 
visant à reconstituer la police libyenne et les services de 
surveillance des frontières et de lutte contre le terrorisme, en 
lien avec les Nations unies.  
    "La possibilité de mettre en place une équipe 'd'experts 
déployables' sur les questions de migration et de sécurité (...) 
pourrait être explorée", écrit-elle.  
    Le dossier libyen a fait l'objet vendredi à Bruxelles d'une 
réunion entre les dirigeants de la France, de l'Allemagne, de 
l'Italie, de l'Espagne et du Royaume-Uni, auxquels s'est jointe 
Federica Mogherini.   
    Le gouvernement d'union libyen soutenu par les Nations unies 
s'installera à Tripoli "dans les tout prochains jours", a 
déclaré jeudi son Premier ministre, Fayez el Sarraj, qui doit 
rencontrer dans la journée le chef de la diplomatie française 
Jean-Marc Ayrault à Tunis. 
    Le gouvernement d'union a été mis en place en vertu d'un 
plan élaboré en décembre pour mettre fin à la division du pays 
et contrer l'influence croissante des djihadistes de l'Etat 
islamique. La Libye a deux parlements et deux gouvernements 
rivaux depuis 2014. 
    L'organe chargé par l'Onu de faciliter la transition dans le 
pays, le Conseil présidentiel, également dirigé par Fayez el 
Sarraj, a invité samedi dernier les institutions concurrentes 
libyennes à lancer le processus de transfert du pouvoir au 
nouveau gouvernement d'union et demandé à la communauté 
internationale de ne plus traiter qu'avec ce gouvernement. 
    De son côté, le gouvernement installé dans l'est du pays a 
lancé une mise en garde contre la mise en place d'un cabinet 
d'union qui n'aurait pas été approuvé par le parlement basé à 
Tobrouk.  
    "Cela approfondira la crise libyenne et la situation 
économique, accroîtra les divisions et anéantira l'accord 
politique bâti sur le consensus", a-t-il dit vendredi dans un 
communiqué. 
 
 (Robin Emmott, Francesco Guarascio et Elizabeth Pineau, édité 
par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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