L'UE franchit un pas de plus vers une Europe de la défense

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    par Robin Emmott 
    BRUXELLES, 14 novembre (Reuters) - Les pays de l'Union 
européenne se sont accordés lundi sur un plan global en vue 
d'une Europe autonome de la défense, dont l'élection de Donald 
Trump a souligné l'urgence. 
    Ce plan validé par les ministres de la Défense et des 
Affaires étrangères, réunis à Bruxelles, pourrait permettre au 
bloc européen d'envoyer des forces sur des théâtres extérieurs 
pour stabiliser une crise avant le déploiement de casques bleus 
de l'Onu et, plus globalement, doit cimenter la volonté des 
Européens d'assurer leur "autonomie stratégique" sans dépendre 
de Washington. 
    Pendant la campagne électorale américaine, Trump a considéré 
que l'Otan coûtait trop chère aux Etats-Unis et a proposé de 
faire contribuer davantage les alliés européens au financement 
de leur défense, faute de quoi ils devraient se débrouiller 
seuls. 
    "L'Europe doit être capable d'agir pour sa propre sécurité", 
a déclaré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le 
Drian, qui a été en pointe sur ce dossier avec son homologue 
allemande, Ursula van der Leyen, et avec la Haute Représentante 
de l'UE pour la politique extérieure et de sécurité, Federica 
Mogherini. 
    Le plan approuvé lundi va "permettre à l'Europe de franchir 
un pas de plus vers l'autonomie stratégique", a-t-il ajouté en 
évoquant les capacités opérationnelles et le financement des 
opérations extérieures mais aussi de la recherche en matière de 
défense. 
    "L'ambition stratégique de l'Europe s'impose quels que 
soient les présidents des Etats-Unis", a-t-il poursuivi, 
rejetant l'idée selon laquelle cet accord serait une réaction à 
la victoire inattendue du milliardaire new-yorkais.  
     
    PAS D'ARMÉE EUROPÉENNE 
    Les concepteurs du projet ont cependant du mal à convaincre 
que cette Europe de la défense ne sera pas une rivale de l'Otan, 
dont la Grande-Bretagne a parallèlement fait sa priorité depuis 
la victoire du Brexit au référendum du 23 juin. 
    "Plutôt que de rêver d'une armée européenne, la meilleure 
approche de la présidence Trump pour les pays européens est 
d'accroître leurs propres dépenses de défense", a déclaré le 
ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, en marge de 
la réunion. 
    Seuls cinq pays de l'UE, dont la Grande-Bretagne, respectent 
l'objectif fixé par l'Otan de porter leurs dépenses de défense à 
2% du PIB, a fait observer Fallon. Dix autres ont finalisé une 
trajectoire devant les faire parvenir à ce but. Au total, la 
moitié seulement des membres de l'Otan appartenant aussi à l'UE 
respectent ou tentent de respecter cet objectif. 
    Il n'est pas question dans ce plan de 16 pages d'une armée 
européenne, et le projet de création d'un centre de 
programmation des missions civiles et militaires a été revu à la 
baisse, ne conservant plus que le volet civil. 
    Les financements évoqués sont en outre bien pâles en 
comparaison des 18 milliards de dollars que les Etats-Unis 
s'apprêtent à consacrer dans les cinq ans prochaines années en 
matière de nouvelles technologies de défense. 
    Il appartient désormais aux chefs d'Etat et de gouvernement 
d'approuver définitivement ce projet lors du sommet européen de 
décembre. Sa mise en oeuvre prendra sans doute de nombreux mois. 
    De la République démocratique du Congo à la Méditerranée, 
l'UE mène actuellement 17 millions militaires et civils à 
travers le monde. 
 
 (Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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