L'UE fait un pas de plus vers la suspension de Schengen

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    BRUXELLES, 12 février (Reuters) - En fixant à Athènes des 
objectifs quasiment inaccessibles en matière de renforcement des 
frontières, l'Union européenne a ouvert vendredi la voie à une 
suspension formelle de l'application des accords de Schengen. 
    Principale porte d'entrée de l'Union européenne pour les 
migrants et réfugiés venant du Proche-Orient, la Grèce a vu plus 
d'un million d'entre eux transiter par son territoire en 2015 au 
grand désarroi de ses partenaires européens qui lui reprochent 
son inaction. 
    Plusieurs membres du bloc communautaire, dont l'Allemagne, 
qui est aussi la destination privilégiée des migrants, ont mis 
en avant les difficultés de la Grèce pour justifier le 
rétablissement temporaire des contrôles aux frontières 
intérieures de l'espace Schengen. 
    Ces mesures transitoires expirant en mai, les Etats de 
l'Union ont donné à Athènes un délai de trois mois pour régler 
les "défaillances sérieuses" à ses frontières, notamment en 
matière d'enregistrement, de surveillance des zones maritimes ou 
encore de contrôles aux frontières. 
    "L'ensemble du fonctionnement de la zone Schengen est 
menacé", a estimé le Conseil européen après avoir préconisé à la 
Grèce d'appliquer une série de 50 recommandations. 
    La mise en oeuvre de ces recommandations paraissant 
inenvisageable, l'appel lancé par les Européens ouvre la voie à 
l'application de règles autorisant les Etats membres à instaurer 
des contrôles à l'intérieur des frontières de l'espace Schengen 
pour une durée pouvant atteindre deux ans. 
    Responsables et diplomates européens assurent que l'objectif 
n'est pas d'isoler ou de stigmatiser la Grèce mais de permettre 
le rétablissement de contrôles aux frontières, entre l'Allemagne 
et l'Autriche notamment, sans contrevenir aux traités. 
    "L'idée n'est pas de pousser la Grèce hors de l'espace 
Schengen. L'idée qui prévaut, c'est que si les frontières 
extérieures ne sont pas contrôlées, alors les Etats membres 
pourront maintenir les contrôles qui sont en place à leurs 
propres frontières", a dit un responsable de l'Union. 
 
 (Alastair Macdonald, Nicolas Delame pour le service français, 
édité par Tangi Salaün) 
 
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