L'UE étudie un report du 2e plan d'aide à la Grèce

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UN REPORT DU 2E PLAN D'AIDE À LA GRÈCE EST À L'ÉTUDE
UN REPORT DU 2E PLAN D'AIDE À LA GRÈCE EST À L'ÉTUDE

par Luke Baker et Jan Strupczewski

Bruxelles (Reuters) - Des responsables de la zone euro étudient comment retarder certaines parties voire l'intégralité du deuxième plan d'aide à la Grèce, si possible jusqu'à après les élections prévues pour avril, apprend-on mercredi de sources européennes.

Alors que le nouveau paquet d'aide de 130 milliards d'euros est désormais pratiquement prêt, les ministres des Finances de la zone euro ne sont toujours pas satisfaits des engagements pris par les dirigeants politiques grecs pour appliquer l'accord, qui prévoit d'ici 2014 de nouvelles coupes budgétaires et de nombreuses réformes impopulaires.

Des doutes existent également sur la trajectoire de réduction de la dette grecque. Elle représente environ 160% du produit intérieur brut et la "troïka" composée de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international (FMI) souhaite la ramener à 120% d'ici 2020.

"Il y a des propositions visant à retarder le paquet grec ou à le couper en plusieurs parties afin d'éviter un défaut immédiat sans pour autant s'engager sur l'ensemble (du paquet)", a dit l'une des sources.

"Les options seront discutées (...) Il y a une pression de la part de plusieurs pays pour retenir les choses jusqu'à ce qu'il y ait un engagement concret en Grèce, ce qui pourrait ne pas venir avant les élections", a-t-on ajouté.

Une conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro doit avoir lieu à 17h00. Elle remplace une réunion prévue à Bruxelles, annulée face aux engagements incomplets des partis politiques grecs.

L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas sont les pays qui poussent dans la direction de retarder l'adoption du plan, ont précisé deux autres responsables.

Selon les termes du plan de soutien à Athènes, un échange de titres obligataires doit intervenir dans les prochains jours entre la Grèce et ses créanciers privés, qui accepteraient une perte de valeur nominale de 50% et permettraient de réduire la dette grecque de 100 milliards d'euros.

FEU VERT LUNDI ?

Le plan doit notamment permettre à Athènes d'honorer des échéances de remboursement de dette pour un montant de 14,5 milliards d'euros le 20 mars et ainsi éviter un défaut désordonné aux conséquences difficiles à évaluer pour l'ensemble de la zone euro.

Environ 30 milliards d'euros sur les 130 milliards de fonds publics sont destinés à accompagner la restructuration de la dette privée. Trente autres milliards sont nécessaires pour recapitaliser les banques grecques.

Mais le reste des prêts publics seraient quant à eux conditionnés à de nouvelles avancées sur des réformes structurelles dans le pays.

Interrogé sur la possibilité de diviser le paquet en plusieurs blocs, le porte-parole du commissaire européen aux Affaires économique et monétaires, Olli Rehn, a dit qu'aucune décision n'avait été prise.

"Jusqu'à maintenant, dans les discussions, cela a toujours été abordé comme un paquet unique", a déclaré le porte-parole.

Une segmentation de l'aide pourrait aussi se heurter à des problèmes techniques, les créanciers privés réclamant, avant de procéder à l'échange de titres, des garanties sur le volet public du plan.

Ces discussions pourraient en fait avoir pour objectif principal d'accroître la pression sur Athènes afin que les partis politiques s'engagent résolument à mettre en oeuvre le plan, quels que soient les résultats des élections en avril.

Antonis Samaras, le chef du parti grec conservateur Nouvelle démocratie, a d'ailleurs adressé mercredi après-midi une lettre à l'UE et au FMI dans laquelle il s'engage à mettre en oeuvre les nouvelles mesures d'austérité.

Selon plusieurs responsables européens, l'objectif principal reste d'approuver politiquement le deuxième plan d'aide lundi et mardi à l'occasion des réunions des ministres des Finances de la zone euro et de l'Union européenne à Bruxelles.

Julien Toyer pour le service français, édité par Marc Angrand

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  • m.young le mercredi 15 fév 2012 à 19:36

    Que j'aime le bon sens de d.e.s.t. ! Le réalisme de wanda6 également, mais avec de grandes réserves quant aux risques de dérives par les extrêmes - cf. post de M7732327. Berlusconi, Heider, Orban, des exemples à méditer. Avec MLP, la balkanisation de l'Europe guette, il ne faut pas croire que facebook et twitter nous protègent de tout !

  • d.e.s.t. le mercredi 15 fév 2012 à 18:24

    A court terme, la Grèce a besoin de 14,5 milliards d'euros; pourquoi lui faire un chèque de 130 milliards qu"ils vont s'empresser de claquer.Il faut leut maintenir la pression, d'autant qu'ils n'ont respecté aucune des conditions du 1er plan: réduction des fonctionnaires-ils ont continué a embaucher ; privatisations - ils ont fait 3% de ce qui était demandé; évasion fiscale, il y a 60 milliards dehors, ils n'ont rien fait!

  • wanda6 le mercredi 15 fév 2012 à 18:05

    Je ne dis pas que le Front National et la panacée universelle, mais au moins Marine Lepen veut changer de système politique, le système financier, arrêter cette hémorragie financière que l'on passe au nom de l'humanisme. L'humanisme est possible quand on n'en a les moyens, malheureusement la France ne peut plus. Il faut absolument changer cette politique européenne, et cet euro moribond, qui nous mène droit dans le mur.

  • wanda6 le mercredi 15 fév 2012 à 18:04

    Les deux partis traditionnels sont intimement liés à la dette, au chômage, et à la détresse de millions de français. Et les français sont encore capables de gober leurs belles paroles.

  • wanda6 le mercredi 15 fév 2012 à 18:04

    Ce qui m'étonne le plus, c'est de voir des gens qui croient encore à ces zozos que sont les hommes politiques et qui depuis 40 ans nous abreuvent de promesses jamais tenues. Nous sommes en pleine crise financière, ils nous font croire à des jours meilleurs pour le lendemain, et cela recommence à chaque présidentielle.

  • m.young le mercredi 15 fév 2012 à 17:58

    Le début d'une prise de conscience que la Grèce nous mène par le bout du nez ? Arrêtons la comédie tragique !

  • M7732327 le mercredi 15 fév 2012 à 17:42

    Seuls les partis aux extrêmes ne veulent pas d'Europe. A tel point qu'il n'est pas possible de les différencier sur ce forum. Dictature d'extrême droite ou d'extrêùe gauche c'est la même chose. Merci l'Europe a donné.

  • M2941863 le mercredi 15 fév 2012 à 17:21

    Impossible! la grèce serait en défaut de paiement le 20 Mars donc bien avant les élections.

  • wanda6 le mercredi 15 fév 2012 à 17:16

    L'Europe est en train d'installer "un gouvernement économique" au dessus des pays. Et pour certain pays, ils devront obéir à ce gouvernement non élu, sans participer aux décisions. En quoi ça n'est pas une dictature ?

  • wanda6 le mercredi 15 fév 2012 à 17:14

    Et curieusement...les trois seuls pays qui au niveau des paramètres économiques de base vont bien ou correctement, sont précisément les trois pays restés hors de l'euro et de l'EU.