L'UE étale ses divisions sur les sanctions contre Moscou

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    LUXEMBOURG, 20 juin (Reuters) - L'Union européenne a affiché 
lundi ses divisions sur la manière de mettre fin à son bras de 
fer avec la Russie sur la crise en Ukraine, la Grande-Bretagne 
appelant les pays membres à maintenir une position dure 
vis-à-vis de Moscou tandis que la Slovaquie jugeait intenable 
l'actuelle politique de sanctions. 
    A la veille du renouvellement pour six mois, jusqu'à la fin 
de l'année, des sanctions contre Moscou, la France a réaffirmé 
la position selon laquelle il ne pourra y avoir de changement 
dans le régime des sanctions contre Moscou tant que la Russie ne 
cessera pas de soutenir les séparatistes du Donbass, même si 
Paris souhaite également que les dirigeants de l'UE cherchent à 
se rapprocher du Kremlin. 
    La Slovaquie, qui s'apprête à prendre la présidence 
tournante de l'UE, a estimé que les Vingt-Huit ne pouvaient 
ignorer les pressions politiques auxquelles doivent faire face 
certains pays membres en faveur d'un assouplissement des 
relations avec la Russie, principal fournisseur de gaz de 
l'Europe. L'Italie, la Bulgarie et la Grèce ne cachent pas leur 
souhait de voir levées une partie des sanctions.  
    Le ministre slovaque des Affaires étrangères Miroslav 
Lajcak, dont le pays présidera l'UE de juillet à décembre, a 
évoqué "une demande croissante pour une discussion politique" 
sur les sanctions.  
    Une telle "discussion" masque simplement un allègement des 
mesures de rétorsion imposées depuis juillet 2014 à Moscou en 
réaction à l'annexion de la Crimée par la Russie, indique-t-on 
de sources diplomatiques. 
    Dimanche, dans une interview, le chef de la diplomatie 
allemande Frank-Walter Steinmeier a estimé que l'UE devrait 
lever progressivement les sanctions si des progrès importants 
sont enregistrés dans l'application des accords de paix de 
Minsk.   
    Mais la chancelière Angela Merkel a réaffirmé sa position 
selon laquelle les sanctions européennes envers la Russie ne 
pourront être levées que si les accords de Minsk sont pleinement 
respectés, a déclaré son porte-parole. 
    "Les sanctions seront levées une fois que la Russie aura 
rempli ses obligations", a déclaré le porte-parole Steffen 
Seibert lors d'une conférence de presse du gouvernement.  
    Cette annonce confirme la position prise par les pays du G7 
le mois dernier. 
    Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, partage 
également ce point de vue. "Je pense qu'il ne faut pas lever les 
sanctions économiques tant que la Russie n'aura pas changé de 
comportement. Je crois qu'il y a un consensus sur la question 
dans l'Union européenne", a-t-il déclaré à Reuters lundi. 
    Les accords de Minsk, signés en février 2015, prévoient, 
outre un cessez-le-feu entre les forces ukrainiennes et les 
séparatistes, le retrait des armes lourdes de la ligne de front 
et une réforme constitutionnelle accordant plus d'autonomie à 
l'est de l'Ukraine. 
 
 (Robin Emmott, avec Paul Carrel à Berlin,; Laura Martin et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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  • benoitdh il y a 6 mois

    Que Bruxelles cesse d'être à la remorque des USA

  • charleco il y a 6 mois

    Pour Merkel, les sanctions ne seront pas levées tant que les USA le décréterons ainsi. Point.