L'UE étale ses désaccords sur la crise migratoire

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    par Gabriela Baczynska 
    BRUXELLES, 18 novembre (Reuters) - Les ministres de 
l'Intérieur de l'Union européenne ont fait le constat de leurs 
divergences sur la gestion de la crise migratoire, vendredi, 
pendant que l'OIM (Organisation internationale pour les 
migrations) annonçait la mort d'au moins 365 migrants ces trois 
derniers jours en Méditerranée.  
    "Nous cherchons des compromis, qui n'existent pas pour 
l'instant", a confié le ministre allemand de l'Intérieur Thomas 
de Maizière, dont le pays a accueilli l'an dernier quelque 
900.000 migrants et réfugiés. 
    Les ministres des Vingt-Huit se sont retrouvés dès jeudi 
soir à Bruxelles pour un dîner animé autour de la proposition de 
la Slovaquie, qui exerce la présidence tournante de l'UE, de 
réformer en profondeur le système d'asile européen. 
    L'actuel système est devenu caduc l'an dernier quand les 
Etats membres n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la 
gestion d'un flux incontrôlé de migrants et réfugiés.  
    Environ 1,3 million de personnes ont gagné le territoire de 
l'UE en 2015, la plupart en provenance du Moyen-Orient et 
d'Afrique du Nord. 
    "Nous avons eu une discussion très ouverte pendant le dîner, 
parfois passionnée, très franche", a déclaré le chef de la 
diplomatie slovaque, Robert Kalinak. "Nous savions que ce ne 
serait pas facile mais il fallait confronter les différents 
points de vue entre pays membres." 
    "Nous avons tous le même objectif: nous voulons résoudre la 
crise migratoire. (...) Ce que nous avons imaginé l'année 
dernière n'est pas aussi efficace que nous le souhaitions, nous 
sommes donc obligés de proposer d'autres voies." 
     
    UN "DÉSASTRE SOUS NOS YEUX" 
    Face à l'afflux de réfugiés, l'Europe a consolidé ses 
frontières extérieures, conclu des accords avec des pays 
d'origine et de transit le long des routes migratoires et 
suspendu la libre circulation au sein de la zone Schengen. 
    Au total, le nombre d'arrivants a diminué par rapport à l'an 
dernier mais des milliers de migrants et réfugiés continuent 
d'affluer en Italie et des dizaines de milliers d'autres sont 
toujours bloqués en Grèce et en Italie, parfois dans des 
conditions très difficiles.  
    Selon l'OIM, la mort d'au moins 365 migrants ces trois 
derniers jours en Méditerranée fait de novembre 2016 un mois six 
fois plus meurtrier que novembre 2015. 
    "C'est un véritable désastre sous nos yeux", a déclaré un 
porte-parole de l'OIM, Leonard Doyle, lors d'une conférence de 
presse à Genève. 
    Les derniers naufrages portent le nombre de migrants morts 
cette année en Méditerranée à 4.636, a-t-il dit. L'OIM a compté 
un millier de morts de plus cette année qu'en 2015, alors que le 
nombre d'arrivées a diminué de moitié, passant de 728.926 de 
janvier à novembre 2015 à 343.589 de janvier à novembre 2016. 
    Les Etats membres n'ont toujours aucune stratégie pour 
accueillir ces migrants et réfugiés.  
    Les pays d'Europe orientale, dont la Slovaquie, la Pologne 
et la Hongrie, refusent d'appliquer l'accord conclu l'an dernier 
pour réinstaller sur l'ensemble du territoire de l'UE 160.000 
migrants arrivés en Grèce et en Italie.  
    L'Allemagne, soutenue par la Suède, l'Italie ou Malte, 
réclame la mise en place d'une répartition obligatoire des 
migrants dans le cadre de la réforme du droit d'asile, 
précisément ce à quoi s'opposent les pays d'Europe de l'Est. 
    Ces derniers proposent de financer davantage les forces de 
police aux frontières ou de participer davantage aux expulsions. 
 
 (Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Tangi 
Salaün) 
 
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