L'UE et la Turquie doivent "s'aligner" face à l'EI-Mogherini

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(Actualisé tout du long) par Jonny Hogg et Tulay Karadeniz ANKARA, 8 décembre (Reuters) - L'Union européenne et la Turquie se sont éloignées sur le plan diplomatique et doivent mieux "aligner" leurs positions pour faire face à la menace de l'Etat islamique, a estimé lundi soir Federica Mogherini, la nouvelle Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité commune. La diplomate italienne, en visite à Ankara, a noté que la Turquie qui postulait à rejoindre l'UE avait souscrit à moins d'un tiers des positions prises récemment par l'organisation continentale en matière de politique étrangère contre environ 80% par le passé. "Nous devons améliorer notre alignement sur la politique étrangère et la politique de sécurité. Il n'a jamais été aussi faible et cela est un problème pour l'Union européenne, mais c'est surtout un problème pour la Turquie", a déclaré la représentante de l'Union devant la presse. Le gouvernement turc négocie depuis 2005 une possible entrée dans l'organisation continentale mais celle-ci se heurte à des obstacles politiques comme la division de Chypre et la résistance de certains pays membres. Cette visite de Mogherini, accompagnée par le Commissaire à l'Elargissement Johannes Hahn et le Commissaire à l'Aide humanitaire Christos Stylianides, devait relancer la dynamique des relations entre Européens et Turcs. Cette initiative, la première du genre depuis que l'ex-Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a remporté la présidence en août dernier, visait également à convaincre Ankara de coopérer dans la lutte contre Daech et de ne pas saper les efforts des Occidentaux dans leur bras de fer avec la Russie. Cette visite intervient une semaine après celle de Vladimir Poutine qui avait saisi l'occasion de ce déplacement pour annoncer l'abandon de la construction du gazoduc géant South Stream destiné à alimenter l'Europe centrale en gaz russe. "Il serait bon qu'à l'avenir nous créions plus de zones de coopération que de zones de compétition (avec la Russie), mais la Turquie n'intervient pas dans ce jeu, si on peut parler de jeu dans ce cas", a dit la diplomate. "Cette visite est un signal fort de l'importance stratégique de la relation entre l'UE et la Turquie et de notre désir d'intensifier notre engagement", avait souligné Mogherini dans un communiqué au cours du week-end. Concernant les violences en Syrie et en Irak, on estime à plusieurs milliers le nombre de ressortissants de pays de l'UE qui se sont rendus dans ces deux pays pour combattre aux côtés d'organisations comme l'Etat islamique. Pour bon nombre, ils ont transité par la Turquie, à qui certains reprochent de ne pas mieux contrôler ses 1.200 kilomètres de frontière avec ces deux pays-là. "Nous savons très bien que ce n'est pas un aspect relevant uniquement de la sécurité; nous devons aussi coopérer avec nos partenaires internationaux, et notamment avec la Turquie", a ajouté Federica Mogherini. (Tulay Karadeniz; Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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