L'UE et la BEI travaillent à dégager des crédits aux entreprises

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L'UE ET LA BEI TRAVAILLENT À DÉGAGER DES CRÉDITS AUX ENTREPRISES
L'UE ET LA BEI TRAVAILLENT À DÉGAGER DES CRÉDITS AUX ENTREPRISES

BRUXELLES/BERLIN (Reuters) - La Banque européenne d'investissement (BEI) et la Commission européenne travaillent à un projet susceptible de dégager entre 55 et 100 milliards d'euros de nouveaux crédits aux entreprises dans le but de relancer la croissance économique dans le sud de l'Europe, ont-elles annoncé mardi dans un rapport commun.

Les responsables politiques et monétaires européens recherchent depuis plusieurs mois les moyens de faire baisser le coût du crédit pour les entreprises des pays les plus touchés par la crise.

A l'heure actuelle, une entreprise d'un pays du sud peut être contrainte de payer deux à trois fois plus cher en intérêts qu'une concurrente du nord pour un prêt de même maturité. Par exemple, aux taux en vigueur, une entreprise chypriote devrait s'acquitter de 70.000 euros d'intérêts sur un emprunt d'un million d'euros alors qu'il n'en coûterait que 21.000 euros à une entreprise française.

Pour remédier à cela, la Commission et la BEI veulent recourir simultanément à des garanties de prêts et à des opérations de titrisation en mobilisant 10 milliards d'euros de fonds structurels dans le cadre du prochain budget pluriannuel de l'Union, qui couvre la période 2014-2020.

Le rapport de la CE et de la BEI détaille trois options permettant de démultiplier les montants mobilisés, laissant aux chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union le soin de choisir lors du Conseil de jeudi et vendredi.

La première possibilité envisagée consiste à affecter trois quarts des crédits à des garanties de prêts couvrant entre 50% et 80% des montants prêtés, a dit un responsable de l'UE.

Le dernier quart serait consacrée à garantir des portefeuilles de prêts vendus sous la forme d'ABS (asset-backed securities). Ces ABS n'incluraient que des prêts respectant les critères fixés par la BEI et la Commission.

Cette première option permettrait de générer entre 55 et 58 milliards d'euros de prêts, selon le rapport.

La deuxième option consisterait à garantir à la fois des prêts existants et de nouveaux prêts après leur titrisation, mais uniquement à l'échelle nationale.

A titre d'exemple, des portefeuilles de prêts accordés à des entreprises espagnoles seraient garantis par les fonds structurels à hauteur de la part proportionnelle des 10 milliards d'euros allouée à l'Espagne.

Cette méthode permettrait de générer quelque 65 milliards d'euros de prêts, précise le rapport.

La troisième option ne diviserait pas les garanties par pays sur la base de la répartition des fonds structurels mais prévoirait des garanties à l'échelle de l'Union.

Elle permettrait de générer environ 100 milliards de prêts, soit dix fois les fonds mobilisés, et donc d'atteindre un million de petites et moyennes entreprises, estime le rapport.

Jan Strupczewski et Andreas Rinke, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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