L'UE et l'Ukraine resserrent leurs liens face à Moscou

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EU Commission President Barroso and Ukraine's PM Yatsenyuk listen to EU foreign policy chief Ashton during a EU leaders summit in Brussels
EU Commission President Barroso and Ukraine's PM Yatsenyuk listen to EU foreign policy chief Ashton during a EU leaders summit in Brussels

par Julien Ponthus

BRUXELLES (Reuters) - L'Union européenne et l'Ukraine ont signé vendredi le volet politique de leur accord d'association, un texte dont l'ambition est de sceller l'ancrage européen d'un pays dont la confrontation avec la Russie a des relents de Guerre froide.

Ce rapprochement aux conséquences géostratégiques majeures est intervenu au cours d'une intense séquence diplomatique pendant laquelle Vladimir Poutine a finalisé le processus l'annexion de la Crimée à la Russie et où les Etats-Unis ont annoncé des exercices militaires en Pologne.

"C'est une journée historique pour mon pays et je suis convaincu que c'est une journée historique pour l'Union européenne tout entière", a déclaré le Premier ministre ukrainien par intérim lors d'une cérémonie à Bruxelles.

"Nous voulons faire partie de la famille européenne et c'est une première étape pour que l'Ukraine parvienne à son but ultime, une adhésion pleine et entière", a ajouté Arseni Iatseniouk, même si pour de nombreux dirigeants européens une adhésion, même à moyen terme, n'est pas encore d'actualité.

Le dirigeant ukrainien s'est réjoui de la suppression des droits de douanes européens, une disposition qui doit donner une bouffée d'air aux entreprises ukrainiennes en leur donnant accès à un marché de 500 millions de consommateurs.

Arseni Iatseniouk a mis à profit la tribune qui lui était offerte devant les dirigeants européens réunis au sommet pour mettre en garde l'Union sur le danger que constitue selon lui la politique étrangère du président russe Valdimir Poutine.

"Dieu seul sait quelle est la destination finale, est-ce l'Ukraine? Est-ce l'Union européenne?", a-t-il dit, accusant Moscou de remettre en cause les frontières issues de la Seconde Guerre mondiale et de vouloir imposer un nouvel ordre "post-Guerre froide".

"LISTE NOIRE"

Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a aussi salué une signature très symbolique.

"En novembre dernier, le refus de signer l'accord d'association avec l'Union européenne a donné lieu à une révolte populaire et un changement de direction politique et culturel", a-t-il dit en référence à la chute de Viktor Ianoukovitch.

"Nous rendons hommage à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté", a dit l'ancien Premier ministre belge qui a chargé la Commission européenne de proposer d'ici le mois de juin un projet pour renforcer la sécurité énergétique des Vingt-Huit en réduisant leur dépendance au gaz russe. (Voir (Full Story))

Les dirigeants européens ont élargi leur "liste noire" des personnalités impliquées dans l'annexion de la Crimée mais sont restés un cran en deçà des sanctions annoncées par les Etats-Unis afin de ne pas compromettre la "désescalade" avec Moscou.

Ils n'ont ainsi pris aucune mesure de rétorsion directe contre la Russie mais ont demandé à la Commission de se pencher sur la délicate question d'éventuelles sanctions économiques et commerciales en cas d'aggravation de la crise.

Les dirigeants européens, qui ont l'obligation de décider de ce type de mesures à l'unanimité, ont ainsi évité d'étaler au grand jour leurs divisions sur un dossier où chaque Etat membre a des raisons de craindre pour ses propres intérêts.

Pour François Hollande, il était néanmoins vital de crédibiliser la menace de futures sanctions commerciales pour convaincre les Russes de jouer le jeu du dialogue.

"LA DISSUASION N'EST PAS MILITAIRE"

"Aujourd'hui, la dissuasion elle n'est pas militaire, elle est économique", a estimé le président français qui a soufflé le chaud et le froid en direction de son homologue russe.

S'il a confirmé l'invitation de Vladimir Poutine pour les commémorations du 70e anniversaire du débarquement de 1944, la France a suspendu sa coopération militaire avec la Russie et annoncé être prête à envoyer des avions de chasse renforcer la mission de protection aérienne des pays baltes de l'Otan.

De nombreux dirigeants européens ont martelé tout au long du Conseil que la "désescalade" restait la priorité et que des sanctions trop fortes risquaient d'être contre-productives.

Selon le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, une telle option ne serait envisagée qu'en "dernier ressort", car la volonté des Européens est d'éviter de braquer Moscou.

L'Union s'est d'ailleurs largement résignée à ne pas exiger de la Russie qu'elle renonce à l'annexion de la Crimée.

"Nous savons tous qu'ils ne vont pas se retirer de la Crimée", a admis Elio Di Rupo.

L'objectif des Européens, a dit le socialiste belge, reste de circonscrire la crise et que la Russie n'intervienne pas à l'est de l'Ukraine, où vivent de nombreux russophones.

"Nous demandons (à la Russie) d'en rester là pour que nous puissions trouver une solution dans les semaines qui viennent", a-t-il dit.

(Avec Adrian Croft et Tangi Salaün pour le service français, édité par Yves Clarisse)

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  • v.sasoon le vendredi 21 mar 2014 à 18:14

    http://willyloman.wordpress.com/2014/01/24/ukraines-neo-nazi-color-revolution/

  • Berg690 le vendredi 21 mar 2014 à 18:03

    Trouver une solution dans les semaines à venir? Il me semble que la solution c'est la fédéralisation de l'ukraine. Kiev n'est pas l'ukraine et son GVT est fantoche ,les russes ne discuteront jamais avec eux. Reste l'oncle Sam et Poutine, les européens comptant pour du beurre.

  • Berg690 le vendredi 21 mar 2014 à 17:56

    Tout ce qui est fait est illégitime et sera défait. Entretemps notre argent se sera envolé!

  • ZvR le vendredi 21 mar 2014 à 17:08

    Le point commun entre les trois grands démocrates de la photo? Aucun n'a été élu......

  • dioptaze le vendredi 21 mar 2014 à 17:01

    Liens entre n.a.zis?http://www.alterinfo.net/Le-nouveau-premier-ministre-ukrainien-faisant-le-salut-nazi_a100242.html