L'UE devrait débloquer des fonds pour les réfugiés syriens

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* Les Européens tentent de sauver le système Schengen * Un plan concret devrait être proposé avec des aides * Hollande et Merkel font front commun * Plus de 3.000 réfugiés ont débarqué à Lesbos en quelques heures (Actualisé avec arrivée des dirigeants européens) par Alastair Macdonald et Robert-Jan Bartunek BRUXELLES, 23 septembre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne semblaient prêts à allouer plusieurs milliards d'euros d'aide en faveur des réfugiés syriens restés au Proche-Orient, mercredi soir à l'occasion d'un sommet extraordinaire à Bruxelles destiné à aplanir leurs différends sur la crise des migrants. Réunis au lendemain d'un conclave des ministres de l'Intérieur qui ont adopté un plan de répartition de 120.000 migrants dans l'UE malgré l'opposition de quatre pays de l'Est, les chefs d'Etat et de gouvernement devaient se concentrer sur les moyens de freiner l'afflux de migrants, qui a atteint un niveau record cet été. "Un plan concret devrait finalement voir le jour et remplacer les disputes et le chaos dont nous avons été témoins ces dernières semaines", a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Avant l'ouverture du sommet à 18h00 (16h00 GMT), il a déclaré aux journalistes que l'Europe devait reprendre le contrôle de ses frontières extérieures pour écarter le risque d'une explosion du système Schengen. Il a prédit un accord pour accroître l'aide aux réfugiés qui restent au Proche-Orient via des contributions aux agences dédiées des Nations unies, à la Turquie, la Jordanie, au Liban et à d'autres. Les pays en "première ligne" comme la Grèce et l'Italie devraient aussi obtenir de l'aide pour leurs frontières, en particulier pour enregistrer les arrivées et raccompagner les migrants qui ne relèvent pas du droit d'asile. MERKEL PARLE DE GRAND DÉFI La chancelière Angela Merkel risque d'essuyer des critiques après sa décision du mois d'août d'accueillir davantage de Syriens, ce qui, selon certains de ses voisins à l'Est, a alimenté l'afflux de migrants. A son arrivée au conseil, elle a estimé qu'il était temps pour les Européens de travailler ensemble. "Face à un grand défi, il n'est pas possible que l'Europe dise 'on ne peut pas gérer cela'", a-t-elle déclaré. "C'est pourquoi je le dis encore et encore : on peut y arriver." François Hollande a annoncé avant le début de la réunion "qu'il y aurait des aides supplémentaires de la France et de l'Europe" pour la Turquie, la Jordanie et le Liban afin que "les réfugiés puissent être accueillis (..) et surtout ne soient pas tentés de venir jusqu'en Europe où ils risquent leur vie". Alexis Tsipras, redevenu Premier ministre grec, et le président du Conseil italien Matteo Renzi, se verront sans nul doute conseiller par les pays du nord de l'UE de recourir au soutien accru des Vingt-Huit pour renforcer les contrôles sur les frontières sud de l'union. Matteo Renzi a déclaré que ses partenaires avaient enfin accepté une demande italienne récurrente en prévoyant un plan européen d'accueil des réfugiés et de raccompagnement de ceux qui n'ont pas droit à l'asile et une unité européenne de contrôle des frontières. Parmi les principaux opposants au plan européen, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a insisté sur le fait qu'il ne faisait qu'appliquer les règles européennes de protection des frontières avec la clôture qu'il a fait ériger entre son pays et la Serbie. Son allié, le Premier ministre slovaque, Robert Fico, a dit qu'il contesterait le plan de répartition des migrants devant la justice européenne. FLUX CONTINU Les Européens pourraient promettre d'affecter jusqu'à deux milliards d'euros à la construction d'écoles destinées aux enfants des réfugiés sur le territoire turc et, plus largement, pour aider les deux millions de Syriens hébergés en Turquie. La Commission a également appelé les pays membres à revenir sur la baisse des fonds qu'ils allouaient au Programme alimentaire mondial (Pam). Globalement, selon une estimation de Jean-Claude Juncker, l'UE a doublé le montant de l'enveloppe devant être consacrée à la crise des migrants, enveloppe qui atteint les 9,5 milliards d'euros désormais. Le flux de migrants est loin de tarir: plus de 3.000 réfugiés, essentiellement des Syriens et des Afghans, sont parvenus en l'espace de cinq heures, mercredi, sur les côtes de l'île grecque de Lesbos en mer Egée, soit une forte augmentation du nombre d'arrivées en provenance des côtes turques. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a suggéré avant l'ouverture du sommet que les pays de l'UE augmentent de 1% leur contribution au budget européen, tout en réduisant les dépenses dans une proportion identique, afin de financer la résolution de la crise des migrants. Cela permettrait de lever trois milliards d'euros, a-t-il dit au cours d'une visite en Bavière. Le chef du gouvernement magyar devrait à Bruxelles défendre avec vigueur sa politique de construction d'une clôture frontalière pour empêcher les migrants de pénétrer dans son pays, et argumenter lui aussi contre les quotas de répartition. (Avec le bureau européen de Reuters et Jean-Baptiste Vey à Bruxelles et Eric Faye pour le service français)

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