L'UE devrait débloquer des fonds pour les réfugiés syriens

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* Ce sommet fait suite à la réunion des ministres de l'Intérieur * Bratislava veut contester en justice le plan de quotas de réparation * Plus de 3.000 réfugiés ont débarqué à Lesbos en quelques heures par Alastair Macdonald et Philip Blenkinsop BRUXELLES, 23 septembre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union européenne pourraient s'engager à allouer plusieurs milliards d'euros aux réfugiés syriens qui restent au Proche-Orient, mercredi soir lors de leur sommet extraordinaire à Bruxelles, où ils tenteront d'aplanir leurs différends sur la crise des migrants. Réunis pour un dîner au lendemain d'un conclave des ministres de l'Intérieur qui, à une large majorité, ont adopté un plan de répartition de 120.000 migrants dans l'UE, les chefs d'Etat et de gouvernement, qui se retrouvent à partir de 16h00 GMT, vont se concentrer sur les moyens de freiner l'afflux de migrants, qui a atteint un niveau record cet été. Les Européens pourraient promettre d'affecter jusqu'à deux milliards d'euros à la construction d'écoles destinées aux enfants des réfugiés sur le territoire turc et, plus largement, pour aider les deux millions de Syriens hébergés en Turquie. Johannes Hahn, chargé des pays du pourtour de l'UE au sein de la Commission européenne, a estimé d'autre part mercredi qu'un fonds mis en place pour aider les réfugiés syriens au Proche-Orient, notamment en Jordanie et au Liban, pourrait atteindre le milliard d'euros sur la base des promesses faites par l'UE et ses pays membres. La Commission a appelé les pays membres à revenir sur la baisse des fonds qu'ils allouent au Programme alimentaire mondial (Pam). Globalement, selon une estimation de Jean-Claude Juncker, l'UE a doublé le montant de l'enveloppe devant être consacrée à la crise des migrants, enveloppe qui atteint les 9,5 milliards d'euros désormais. La chancelière Angela Merkel risque d'essuyer des critiques après sa décision du mois d'août d'accueillir davantage de Syriens, ce qui, selon certains de ses voisins à l'Est, a alimenté l'afflux de migrants. Quant à Alexis Tsipras, redevenu Premier ministre grec, et au président du Conseil italien Matteo Renzi, ils se verront sans nul doute conseiller par les pays du nord de l'UE de recourir au soutien accru des Vingt-Huit pour renforcer les contrôles sur les frontières sud de l'union. BRATISLAVA VEUT CONTESTER LE PLAN D'autant que le flux est loin de tarir. Plus de 3.000 réfugiés, essentiellement des Syriens et des Afghans, sont parvenus en l'espace de cinq heures, mercredi, sur les côtes de l'île grecque de Lesbos en mer Egée, soit une forte augmentation du nombre d'arrivées en provenance des côtes turques. Une cinquantaine de grands canots pneumatiques, transportant chacun 60 à 70 personnes, dont certains souffrant d'hypothermie, ont atteint Lesbos sous une pluie battante. En moyenne, ces dernières semaines, 40 embarcations atteignaient par jour les côtes de Lesbos. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a suggéré avant l'ouverture du sommet que les pays de l'UE augmentent de 1% leur contribution au budget européen, tout en réduisant les dépenses dans une proportion identique, afin de financer la résolution de la crise des migrants. Cela permettrait de lever trois milliards d'euros, a-t-il dit au cours d'une visite en Bavière. Le chef du gouvernement magyar devrait à Bruxelles défendre avec vigueur sa politique de construction d'une clôture frontalière pour empêcher les migrants de pénétrer dans son pays, et argumenter lui aussi contre les quotas de répartition. "Nous refusons pareille absurdité depuis le début, et en tant que pays souverain, nous avons le droit de contester cela devant la justice", a déclaré le Premier ministre slovaque, Robert Fico, à propos du plan de répartition des migrants. Outre la Hongrie et la Slovaquie, la République tchèque, et la Roumanie ont voté contre ce plan, fortement soutenu par l'Allemagne et la France. Les pays d'Europe centrale ne sont pas les seuls que Jean-Claude Juncker risque de critiquer lors du sommet pour leur non respect des règles communautaires sur le droit d'asile. Dix-neuf pays, dont l'Allemagne, la France, la Grèce, l'Italie et la Hongrie ont ainsi été pointés du doigt par la Commission européenne. "L'une des raisons pour lesquelles le mécanisme d'asile ne fonctionne pas, c'est que les Etats membres ne l'appliquent pas", a estimé Frans Timmermans, l'adjoint de Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence de presse. (Eric Faye pour le service français)

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  • M6418959 le mercredi 23 sept 2015 à 17:22

    Les Français, pendant la guerre de 39/45 sont entrés dans la résistance avec peut de moyens. Que vienne faire ces sdf étrangers, qui ne prennent pas les armes en Syrie et viennent faire la manche.