L'UE dévoile son plan pour stimuler l'investissement

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BRUXELLES VEUT DÉVELOPPER DES ALTERNATIVES AU CRÉDIT BANCAIRE
BRUXELLES VEUT DÉVELOPPER DES ALTERNATIVES AU CRÉDIT BANCAIRE

par Huw Jones

LONDRES (Reuters) - L'Union européenne va s'employer à développer des alternatives au crédit bancaire pour favoriser les investissements dans les infrastructures et les jeunes entreprises, montre la "feuille de route" présentée jeudi par la Commission.

Ces projets visent à favoriser le développement des marchés d'actions et d'obligations et à mobiliser les fonds de pension pour assurer les milliers de milliards d'euros de financements jugés nécessaires d'ici 2020 pour bâtir de nouveaux réseaux de télécommunications, de transport et d'énergie.

De tels projets de grande ampleur à l'échelle européenne sont censés doper la croissance et l'emploi.

"Nous avons été ambitieux dans notre programme de la régulation financière et les résultats que nous avons obtenus en matière de stabilité financière et de confiance ont été positifs", a déclaré Michel Barnier, le commissaire au Marché intérieur, cité dans un communiqué.

"Alors qu'une reprise de l'économie se profile, nous devons continuer d'être tout aussi ambitieux dans le soutien que nous apportons à la croissance."

Le durcissement de la réglementation bancaire entrepris ces dernières années dans l'Union comme aux Etats-Unis pour tenter de prévenir une nouvelle crise financière a eu pour effet indésirable de rendre plus coûteuse la participation des banques et des compagnies d'assurance aux financements à long terme.

La Commission souhaite donc aujourd'hui assouplir certaines de ces nouvelles contraintes, notamment pour permettre aux fonds de pension, qui représentent un total de 2.500 milliards d'euros dans l'UE, d'investir davantage dans ce type de projets.

RELANCE DE LA TITRISATION

Le plan dévoilé jeudi, à deux mois des élections européennes, vise aussi à favoriser le développement du "crowdfunding", le financement participatif, ou encore le crédit interpersonnel ("peer to peer") en ligne.

La CE veut aussi relancer le marché de la titrisation, le regroupement de prêts sous forme de titres portant intérêt. Ce marché, accusé d'avoir été à l'origine de la crise financière en 2007-2008, s'est fortement réduit depuis, or il est considéré comme une alternative majeure au crédit bancaire.

La mise en oeuvre de certaines des mesures annoncées jeudi nécessitera plusieurs années. D'autant qu'elle implique un changement fondamental de certains comportements en matière de financement: en Allemagne, par exemple, les collectivités locales et les petites et moyennes entreprises ont noué des liens de longue date avec les banques régionales.

"Nous devons nous concentrer sur ce qui fera la différence, et de mon point de vue, c'est la titrisation, ce qui passe par un assouplissement des exigences de fonds propres pour les assureurs qui veulent investir dans la titrisation", explique Simon Hills, directeur exécutif de la British Bankers Association.

"Il faut réduire de manière assez urgente la forte dépendance de l'Europe envers le financement bancaire", ajoute-t-il. "Sinon, quand la prochaine crise surviendra, nous aurons les mêmes problèmes de réduction de l'exposition des banques au risque."

Pour les banques, ce mouvement de "deleveraging" est passé par une réduction des nouveaux prêts et la cession d'une partie de leurs portefeuilles de créances, afin de réduire les risques qu'elles doivent assumer, donc de minimiser les capitaux qu'elles doivent mobiliser en regard de ces risques.

(Huw Jones, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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  • M363422 le jeudi 27 mar 2014 à 20:22

    Des idées fort intéressantes.D'abord celle d'avoir enfin une politique éco européenne.Car c'est à ce niveau qu'une politique de relance est concevable. Par contre il est moins évident d'affirmer que "la réglementation bancaire....a eu pour effet etc..". Mais surtout "relancer la titrisation"..est un jeu non seulement périlleux mais en plus dangereux.

  • LERINS le jeudi 27 mar 2014 à 13:56

    Le meilleur moyen de stimuler l'investissement privé est de stimuler au maximum les capacités d'autofinancement des entreprises et des ménages. Il faut donc en finir en priorité avec une fiscalité qui réduit fortement ces capacités d'autofinancement et d'épargne. En adoptant sans tarder le principe fiscal décrit dans le blog intitulé : REMBOURSER LA DETTE PUBLIQUE SANS APPAUVRIR LES CITOYENS.

  • M5008879 le jeudi 27 mar 2014 à 13:30

    Au pays des maquignons, un bon champoing sur un ane, ça fait un cheval de course. Il parait qu'on peut pas tromper tout le monde, tout le temps. Et bien oui, c'est incroyable, mais c'est possible.

  • proni le jeudi 27 mar 2014 à 13:16

    La titrisation qui a été à l'origine de la grande crise de 2008! Ils me font peur ces gus

  • jean.coq le jeudi 27 mar 2014 à 13:10

    ça fait juste un plan de plus ...

  • M4145072 le jeudi 27 mar 2014 à 13:06

    Ca fait trente ans qu'ils essaient de stimuler tantôt la recherche, tantôt l'investissement avec les résultats que l'on sait. Qu'ils offrent des perspectives économiques favorables, un contexte réglementaire et fiscal stable et une valorisation de la réussite et l'investissement repartira. Le reste, c'est du blabla ou, pire, des dépenses inutiles.