L'UE débattra d'une force navale au large de la Libye-document

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BRUXELLES, 19 avril (Reuters) - L'Union européenne envisage de dépêcher des navires de guerre au large des côtes de la Libye afin de combattre le trafic de pétrole et d'armes, mais elle craint d'encourager les départs de migrants, qui pourraient compter sur ces bâtiments pour les secourir, montre un document de l'UE que s'est procuré Reuters. Rédigé avant l'annonce dimanche d'un nouveau naufrage qui pourrait avoir fait plusieurs centaines de morts, ce texte évoque directement les craintes qu'en sauvant plus de migrants, les forces armées européennes n'incitent les trafiquants d'êtres humains à envoyer en mer un nombre croissant de candidats à l'immigration. Il parle ainsi de "risque d'appel d'air" lié à une telle mission navale. Une porte-parole de la Commission européenne a refusé de commenter ces informations. Des diplomates de l'UE ont estimé que le lancement d'une telle mission était improbable dans un avenir proche. La mission navale est l'une des options suggérées par les services de Federica Mogherini, la porte-parole de la diplomatie européenne, dans ce document confidentiel sur les moyens de soutenir un gouvernement d'union nationale en Libye en cas de succès des négociations orchestrées par les Nations unies entre les différentes factions qui se disputent le contrôle du pays. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent débattre de ces options lundi lors d'une réunion à Luxembourg qui sera probablement dominée par le naufrage survenu dans la nuit de samedi à dimanche, dans lequel jusqu'à 700 personnes pourraient avoir trouvé la mort. ID:nL5N0XG06X Une autre option évoquée dans le document consisterait à faire assurer par des troupes européennes la sécurité des installations pétrolières libyennes, afin que les compagnies étrangères puissent reprendre leurs activités. Empêcher les factions libyennes de s'approvisionner en armes grâce à la vente du pétrole extrait des puits dont elles ont pris le contrôle fait en effet partie des priorités de la communauté internationale. Des diplomates de l'UE expliquent cependant qu'aucune option passant par une implication militaire directe ne peut compter sur un large soutien des Etats membres. L'Italie plaide toutefois pour une action collective accrue afin de stabiliser la Libye et d'endiguer le flux des réfugiés et de l'immigration économique, dont elle est la première destination. Federica Mogherini a proposé pour sa part que l'UE envoie des soldats ou des experts civils pour veiller à l'application d'un éventuel cessez-le-feu conclu sous l'égide de l'Onu. Une option qui suscite de très importantes réserves dans bon nombre de pays membres. (Francesco Guarascio et Adrian Croft, avec Robin Emmott, Marc Angrand pour le service français)

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