L'UE critique Ankara après la convocation de l'ambassadeur allemand

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 (Actualisé avec déclarations Quai d'Orsay) 
    BRUXELLES, 30 mars (Reuters) - L'Union européenne a critiqué 
mercredi la convocation de l'ambassadeur d'Allemagne en Turquie 
par les autorités d'Ankara mécontentes d'une émission satirique 
d'une chaîne allemande se moquant du président turc Recep Tayyip 
Erdogan. 
    Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué 
l'ambassadeur allemand après la diffusion sur la chaîne NDR 
d'une chanson satirique de deux minutes égratignant Erdogan. 
    "Cette initiative ne semble pas cohérente avec le respect de 
la liberté de la presse et de la liberté d'expression qui sont 
des valeurs auxquelles l'UE est très attachée", a déclaré Mina 
Andreeva, porte-parole de la Commission européenne, devant la 
presse. 
    Jean-Claude Juncker, le président de la Commission 
européenne, "estime que cette initiative éloigne plus la Turquie 
de l'UE qu'elle ne l'en rapproche", a ajouté la porte-parole. 
    En dépit des critiques et des inquiétudes sur le respect des 
droits de l'homme en Turquie, les Européens ont conclu le 18 
mars un accord avec le gouvernement turc afin de trouver une 
solution à la crise des migrants. 
    L'Allemagne, qui était le plus ardent défenseur de cet 
accord, a toutefois précisé que la question de la liberté de la 
presse n'était pas négociable dans les relations entre Bruxelles 
et Ankara. 
    Les Européens s'étaient également émus des critiques 
formulées par Erdogan contre la présence de diplomates à 
l'ouverture du procès de deux journalistes du quotidien 
d'opposition Cumhuriyet accusés d'espionnage la semaine passée. 
    "Les diplomates (..) assistent régulièrement à des audiences 
judiciaires en tant qu'observateurs, à travers le monde. Cette 
pratique est conforme aux conventions de Vienne sur les 
relations diplomatiques et consulaires", a déclaré le 
porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. 
    "La liberté d'expression et de la presse, le droit 
d'informer et la capacité à exprimer des points de vue critiques 
sont des composantes essentielles du débat démocratique, a 
fortiori dans un pays membre du Conseil de l'Europe et candidat 
à l'Union européenne", a ajouté le porte-parole du Quai d'Orsay. 
         
     
 
 (Gabriela Baczynska avec John Irish à Paris; Pierre Sérisier 
pour le service français) 
 
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  • fdha il y a 10 mois

    les Turcs,aussi forts que le bon sens populaire l'admet,ne peuvent prétendre nous dicter leur pretentions en matière d'informations....