L'UE attend une baisse de l'afflux de migrants depuis la Turquie

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    par Gabriela Baczynska et Robert-Jan Bartunek 
    BRUXELLES, 25 février (Reuters) - Les ministres de 
l'Intérieur de l'Union européenne ont évoqué jeudi à Bruxelles 
la perspective d'un renforcement des mesures unilatérales de 
contrôles aux frontières si n'est pas constatée une baisse 
significative des migrants en provenance de Turquie d'ici le 
sommet entre Européens et Turcs le 7 mars. 
    Sept pays ont déjà rétabli ce type de contrôles à 
l'intérieur de l'espace Schengen, accentuant la pression sur la 
Grèce qui n'est plus en mesure de faire face à l'arrivée de 
nouveaux réfugiés transitant par la Turquie. 
    Plusieurs autres pays ont menacé de prendre des mesures 
similaires si l'accord prévoyant un maintien sur le sol turc des 
réfugiés syriens en échange d'une indemnité de trois milliards 
d'euros ne fait pas la preuve de son efficacité avant le sommet. 
    "D'ici le 7 mars, nous voulons une réduction significative 
du nombre de réfugiés franchissant la frontière entre la Turquie 
et la Grèce", a déclaré le ministre allemand de l'Intérieur 
Thomas de Maizière à son arrivée à la réunion des ministres 
européens à Bruxelles. 
    L'Allemagne soutient la mise en oeuvre de cet accord avec 
les autorités d'Ankara mais d'autres pays européens se montrent 
sceptiques sur son efficacité. 
    Plus d'un million de migrants ont rejoint l'Union européenne 
l'an passé, la plupart transitant par la Turquie avant de 
rejoindre l'espace communautaire. 
    Environ 110.000 personnes supplémentaires sont arrivées 
depuis le début de l'année et le rythme des entrées devrait 
s'accélérer avec le retour du printemps et des conditions 
climatiques plus clémentes. 
    "Si nous ne parvenons pas à faire baisser ces chiffres, nous 
devrons prendre d'autres dispositions et nous devrons opter pour 
des mesures de contingence", a déclaré Klaas Dijkhoff, ministre 
néerlandais de l'Immigration, dont le pays assure la présidence 
tournante de l'UE. 
     
    PRESSION SUR LA GRECE 
    "(Le 7 mars) est une date essentielle pour déterminer dans 
quelle mesure nous sommes parvenus à réduire l'afflux vers 
l'Europe dans son ensemble et quelles autres mesures nous devons 
prendre", a-t-il ajouté. 
    "Les perspectives sont peu encourageantes. Nous n'avons plus 
de politique. Nous risquons de sombrer dans l'anarchie", a jugé 
Jean Asselborn, le ministre luxembourgeois des Affaires 
étrangères. "Notre crédibilité est en jeu et cela est très 
mauvais pour Schengen et pour l'Union européenne", a-t-il 
poursuivi. 
    La Belgique, la France, l'Allemagne, la Norvège, la Suède et 
le Danemark ont introduit des mesures d'urgence à leurs 
frontières prévues dans le cadre des règlements de Schengen. 
    L'Autriche a provoqué la semaine dernière la colère de ses 
partenaires en annonçant des quotas journaliers de réfugiés 
accueillis par ses services administratifs. 
    Cette initiative a entraîné une réaction en chaîne de 
mesures similaires dans les pays situés sur la route empruntée 
par les migrants à travers les Balkans. 
    "Si la Grèce n'est pas capable ou ne veut pas assurer les 
frontières extérieures de la UE, d'autres doivent agir", a 
commenté la ministre autrichienne de l'Intérieur Johanna 
Mikl-Leitner. 
    Son homologue slovaque a jugé que la pression devait être 
accentuée sur la Grèce afin qu'elle assure un meilleur contrôle 
à ses frontières. 
    Ajoutant à l'atmosphère de dissension, la Hongrie a annoncé 
qu'elle allait organiser un référendum sur le projet de quotas 
que l'Union européenne entend mettre en place pour répartir les 
réfugiés entre les différents Etats membres. 
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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