L'UCI enterre Armstrong et satisfait son monde

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LANCE ARMSTRONG DÉCHU DE SES SEPT VICTOIRES DANS LA GRANDE BOUCLE
LANCE ARMSTRONG DÉCHU DE SES SEPT VICTOIRES DANS LA GRANDE BOUCLE

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - La suspension à vie et le retrait des sept victoires de Lance Armstrong sur le Tour de France, annoncés par lundi par l'Union cycliste internationale (UCI), fait quasiment l'unanimité dans un milieu qui dit vouloir prendre un nouveau départ.

Le président de l'UCI, Pat McQuaid, a déclaré lors d'une conférence de presse à Genève que l'instance dirigeante ratifiait les décisions prises par l'Agence américaine antidopage (Usada), basées sur un rapport accablant de 1.000 pages contre le coureur américain.

Cette décision marque l'épilogue de "la plus grande crise" de l'histoire du cyclisme, a souligné McQuaid.

"Lance Armstrong n'a pas sa place dans le cyclisme (...) L'UCI souhaite entamer aujourd'hui cette marche en avant en confirmant qu'elle ne fera pas appel devant le Tribunal arbitral du sport et qu'elle reconnaîtra les sanctions imposées par l'Usada", a-t-il ajouté.

Lance Armstrong, 41 ans et aujourd'hui retraité du cyclisme, avait renoncé à contester les accusations portées contre lui. Outre ses succès sur le Grande Boucle, il se voit retirer toutes ses victoires depuis le 1er août 1998.

Le Texan devra également restituer tous les gains acquis depuis cette date, comme le stipulent les règlements de l'UCI.

La chute est donc rude pour celui qui fut considéré comme "le plus grand cycliste de tout les temps", enchaînant les victoires sur le Tour après avoir vaincu un cancer, une maladie à l'origine de la création par Armstrong de sa fondation Livestrong, qui vient de fêter ses 15 ans.

Lâché ses derniers jours par certains de ses sponsors, l'Américain a également dû renoncer à la présidence de sa fondation, qui a cependant récolté 1,7 million de dollars (1,3 millions d'euros) le week-end dernier lors de l'anniversaire de sa création.

Après l'annonce de la décision de l'UCI, Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, a confirmé ce qu'il avait déjà appelé de ses voeux il y a dix jours: que les titres conquis par Armstrong entre 1999 et 2005 ne soient pas réattribués.

"C'EST UNE ÉTAPE"

"Nous souhaitons qu'il n'y ait pas de lauréats sur ces éditions-là. La décision formelle doit être prise par l'UCI mais pour nous, très clairement, il doit y avoir un palmarès blanc. L'UCI doit prendre ses responsabilités", a dit Prudhomme lors d'une conférence de presse.

Pat McQuaid a pour sa part dit à Reuters que l'instance dirigeante rendrait sa décision vendredi.

Lance Armstrong est aussi dans l'attente d'une décision du Comité international olympique qui pourrait lui enlever la médaille de bronze conquise en contre la montre aux Jeux de Sydney.

Dans le milieu du cyclisme professionnel, tous ou presque se rangent derrière la décision de l'UCI, espérant que cette affaire mette leur sport sur les bon rails et permette un renouveau.

Président de la Ligue nationale de cyclisme, Marc Madiot souhaite que la recherche des tricheurs ne s'arrête pas au seul cas de Lance Armstrong.

"Je considère que c'est une étape mais nous ne pouvons pas nous contenter de la tête d'Armstrong. Cette histoire, c'est le passé. Le présent, ce sont l'affaire Puerto qui doit être jugée en Espagne et celle de Padoue révélée la semaine dernière", a dit à Reuters Madiot, patron de l'équipe professionnelle FDJ-Big Mat.

L'idée d'"étape" dans la lutte contre le dopage revient dans les différentes déclarations, tout comme celle de "message très fort" ou de "décision emblématique".

Le patron de l'Usada Travis Tygart souligne d'ailleurs que l'affaire Armstrong ne doit être que le début d'une longue bataille pour un cyclisme propre.

Le seul bémol notable, en France, est à mettre au compte de l'ancien coureur Laurent Jalabert, aujourd'hui sélectionneur national, qui s'interroge sur le fait que la question ne se soit pas posée du temps de la splendeur de Lance Armstrong et qui souligne ses capacités "hors norme".

L'affaire Armstrong est donc quasiment close mais il reste bien des affaires à élucider ou conclure dans le cyclisme, pas encore à l'abri de nouveaux scandales.

Comme ne le sont pas les autres sports tels l'athlétisme - pourvoyeur de cas célèbres avec Ben Johnson en 1988 ou plus récemment Marion Jones, qui a perdu ses médailles olympiques de Sydney et purgé six mois de prison - ou le ski, secoué lors des Jeux de Turin, dans certaines discipline nordiques.

Edité par Grégory Blachier

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