L'« ubérisation » ne signe pas la fin de l'entreprise et du salariat

le
0

Selon Bernard Baudry et Virgile Chassagnon, professeurs d’université, la « plate-formisation » de l’activité n’est envisageable que pour des tâches individuelles mesurables et facilement codifiées.

La commission du travail de Californie a jugé récemment qu’un chauffeur Uber n’était pas un travailleur indépendant, mais un salarié. Le développement de l’économie numérique, en modifiant les formes d’organisation de la production de biens et de services, a soulevé une interrogation majeure, celle du devenir des formes classiques de salariat qui, à l’heure actuelle, représentent environ 90 % des actifs en France et dans la plupart des pays développés. La question est cardinale car de très nombreux droits et protections sont rattachés au salariat.

De très nombreux rapports consacrés à l’économie numérique et à ses conséquences sur l’emploi ont récemment été publiés (rapports du Conseil d’analyse économique, du Conseil ­national du numérique, rapport ­Mettling, rapport Terrasse). Une partie de ces textes est consacrée à l’impact des plates-formes numériques sur les formes modernes de l’emploi. Mais le terme de « plate-formisation de l’économie » renvoie trop souvent à des formes en réalité très variées de ­l’impact du numérique sur l’organisation industrielle.

Deux types de plates-formes sont susceptibles de favoriser le travail indépendant au détriment du salariat. Les premières sont celles qui permettent à certaines entreprises d’externaliser des tâches autrefois réalisées dans l’entreprise en recourant à une foule de personnes plus ou moins qualifiées (c’est ce que l’on nomme le crowdsourcing, comme par exemple les sites de freelance Graphiste.com ou Flatshape.org). Les s...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant