L'UA propose d'envoyer une force de maintien de la paix au Burundi

le , mis à jour à 21:15
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 (Actualisé avec communiqué de l'UA) 
    ADDIS-ABEBA, 18 décembre (Reuters) - L'Union africaine a 
annoncé vendredi se préparer à envoyer une force de maintien de 
la paix de 5.000 hommes pour protéger les civils au Burundi, 
invoquant pour la première fois une règle qui lui permet de 
déployer des troupes même en l'absence du consentement du pays 
concerné. 
    La présidence burundaise a rejeté par le passé plusieurs 
appels en faveur de l'envoi d'une force de maintien de la paix. 
Le porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba, a affirmé 
vendredi que cette force régionale, en dépit de la règle 
mentionnée par l'UA, ne serait pas autorisée entrer sur le 
territoire burundais. 
    "Ils ne peuvent pas envahir un pays si ce dernier n'est pas 
informé et ne l'autorise pas", a-t-il dit. 
    Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA indique dans un 
communiqué avoir dessiné les contours de cette force -- baptisée 
MAPROBU ("Mission africaine de prévention et de protection au 
Burundi") -- et avoir demandé l'aval du Conseil de sécurité des 
Nations unies pour la déployer. 
    Craignant une nouvelle guerre civile au Burundi, voire un 
génocide, comme au Rwanda voisin en 1994, le Conseil de sécurité 
de l'Onu a déjà dit envisager l'envoi d'une force de maintien de 
la paix. 
    "(L'UA)a décidé que la MAPROBU serait initialement composée 
de 5.000 soldats et policiers", ainsi que d'observateurs des 
droits de l'homme et d'experts militaires, précise le 
communiqué. 
    La MAPROBU sera constituée grâce à la force de réaction 
rapide est-africaine. Elle sera mandatée pour protéger les 
civils et créer les conditions d'un dialogue. 
    Pour ce faire, l'UA a décidé d'invoquer pour la première 
fois l'article 4 de sa charte, qui lui donne le droit 
d'intervenir dans un Etat membre dans de graves circonstances à 
savoir en cas de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité 
et de génocide. 
    Le Conseil de l'UA a également demandé à la présidente de la 
Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, de présenter d'ici 
une semaine une liste d'individus qui seront soumis à des 
sanctions.  
    Selon l'Onu, au moins 400 personnes sont mortes dans les 
violences au Burundi depuis que le président Pierre Nkurunziza a 
annoncé en avril son intention de briguer un troisième mandat, 
décision jugée anticonstitutionnelle par l'opposition. Il a été 
réélu en juillet.  
 
 (Aaron Maasho,; Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse, 
Henri-Pierre André et Tangi Salaün pour le service français) 
 
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