L.Tillie : " Aller aux Jeux Olympiques serait un exploit "

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L.Tillie : " Aller aux Jeux Olympiques serait un exploit "
L.Tillie : " Aller aux Jeux Olympiques serait un exploit "

La France a terminé sa phase de poules de Ligue Mondiale sur un impressionnant record de 12 victoires en 12 matchs. Ce qui lui ouvre les portes du Final Four, un tournoi dont le vainqueur rejoindra les cinq meilleures équipes du monde pour le Final Six au Brésil. La France et son coach, Laurent Tillie, sont confiants même si le réel objectif reste les Jeux Olympiques.

Laurent Tillie, vous avez terminé la phase de poules de la Ligue Mondiale avec un bilan de 12 victoires pour 0 défaite, quel est votre sentiment après cette performance ?
Ça fait chaud au cœur mais c’est déjà oublié car on a un objectif beaucoup plus important qui est le Final Four de ce week-end. Donc tout ce qui a été fait, on l’oublie. On est projeté dans le futur

Le futur c’est l’Argentine, votre premier adversaire du Final Four, vendredi, que doit-on attendre de cette équipe ?
On la craint, mais comme on craint toutes les équipes que l’on joue. On respecte l’adversaire, car il faut une dose d’humilité mais on y va aussi avec beaucoup de détermination. Cette équipe a un très bon niveau et on se connait par cœur. Ils sont bons partout mais on va tout faire pour les faire déjouer et imposer notre jeu. Ils ont un jeu atypique et il faudra trouver les clés.

Ensuite ce sera soit la Bulgarie, contre qui vous n’avez jamais gagné en compétition officielle, soit la Belgique…
Oui, c’est vrai, on n’a jamais battu la Bulgarie en compétition officielle sur les trois dernières années. On verra donc si on a progressé. Alors que la Belgique a longtemps été notre bête noire. C’est une équipe qui a un peu le même profil que nous. Donc on avisera après le match contre l’Argentine. Mais là, par rapport à l’année dernière, l’équipe sait où elle veut aller et sait ce qu’il faut faire pour y arriver. On a la frustration dans notre corps, dans nos cœurs et je crois qu’on est prêt pour ces matchs couperets. Après ça reste du sport, on ne fait pas de mathématiques...

« La qualification pour les JO sera très, très dure mais on le sait depuis quatre ans »

Vous parlez de frustration, mais d’où vient-elle ?
Du Mondial en Pologne (la France y a terminé 4eme, ndlr), de l’expérience de l’équipe, de l’expérience individuelle des joueurs. C’est le fait de rebondir sur nos défaites, car les défaites c’est sûr que ça fait mal. Et le plus difficile c’est de se relever et on est là, on est au Final Four.

Qui dit victoire en Final Four dit groupe 1 de la Ligue Mondiale, l’élite du volley international, est-ce que c’est aussi un objectif ?
Le groupe 1, c’est huit équipes : Brésil, Etats-Unis, Serbie, Russie etc… Et nous on veut y être car on veut  jouer contre les meilleures nations. Car on veut faire partie de ce Top 8. En plus c’est important pour le classement international parce que cela nous accorderait un minimum de points tous les ans. Qui dit meilleur classement, dit plus de possibilité pour participer aux tournois qualificatifs pour les Jeux Olympiques. C’est pour ça que l’on ne peut pas lâcher un seul match ou une compétition, tous les matchs sont importants.

Il y a un tournoi de qualification pour les JO en janvier, vous le sentez-bien ?  
On le sent bien, non (rires)… Mais on le prépare, oui. La qualification pour les JO, c’est simple : il y a un tournoi de qualification européen, huit équipes et une seule qualifiée. Le champion d’Europe n’est pas qualifié ce qui veut dire que dans ce tournoi on pourrait retrouver le champion d’Europe ou le vice-champion. La qualification sera très, très dure mais on le sait depuis quatre ans. Mais on se prépare pour ça.

« En France, on a tendance à vous dire : " Vous n’êtes pas aux JO, vous êtes un sport de merde " »

Vous avez une équipe très jeune et pourtant elle dégage une certaine expérience.
C’est que tout doucement on progresse. Maintenant c’est vrai que notre poule de Ligue Mondiale était largement à notre portée. Donc on a fait un record, très bien, on ne pouvait pas faire mieux. Maintenant on attend de voir ce que ça donne contre des plus grosses équipes, c’est pour ça que ce week-end sera très intéressant. Mais vous savez, quand on termine quatrième d’un championnat du monde, on est quatrième au championnat du monde. Certes, on n’a pas de médaille mais on a envie d’y rester. On a l’orgueil de penser que l’on veut rester à ce quatrième rang. Cela fait partie de notre ambition.

Quelle est la force de cette équipe ?
C’est sa polyvalence technique, cette envie de jouer et cette envie de ne jamais rien lâcher et ça c’est vraiment un gros avantage.

Si vous vous qualifiez pour les JO, est ce que ce sera la plus belle saison du volley français ?
Non car la France avait déjà participé aux JO. En 1988, 1992 et en 2004. Vous savez, en France, on a tendance à vous dire : « Vous n’êtes pas aux JO, vous êtes un sport de merde. » Sauf que pour aller aux JO en volley, c’est compliqué. La France, depuis que le volleyball est aux JO, n’y est allée que trois fois. Donc contrairement à d’autres sports, aller aux Jeux Olympiques, c’est plutôt l’exploit. Donc on va essayer d’inscrire cet exploit à notre palmarès.

 Propos recueillis à l'INSEP par Martin CASAMATTA

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