L'Otan va renforcer son dispositif en Europe de l'Est

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(Actualisé avec cyberdéfense, réaction de Tusk et de la Russie) par Adrian Croft NEWPORT, Pays de Galles, 5 septembre (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Otan on donné vendredi leur feu vert au renforcement du dispositif militaire de l'organisation en Europe de l'Est en réponse à l'intervention russe en Ukraine, a annoncé le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen. Le plan, adopté à l'occasion du sommet de Newport, au Pays de Galles, prévoit la mise sur pied d'une force de réaction rapide dite "fer de lance" et le prépositionnement de matériel. Il s'agit de rassurer les anciens membres du bloc soviétique ayant adhéré à l'Otan, en particulier la Pologne et les pays baltes. Les Alliés ont aussi accepté de rattacher la cyberdéfense à la mission principale de l'organisation, ce qui signifie qu'une cyberattaque contre un Etat membre - comme celle qui avait visé l'Estonie en 2007 - pourrait en théorie engendrer une réponse militaire de l'Otan. Déjà soupçonné en Estonie, le Kremlin a plus récemment été accusé d'avoir également orchestré des cyberattaques contre des institutions ukrainiennes, ce qu'il a constamment nié. Les 28 membres de l'Alliance ont enfin décidé que leur prochain sommet aurait lieu en Pologne en 2016, a ajouté Anders Fogh Rasmussen, soulignant la portée symbolique de cette décision. Bien que la création d'une force d'intervention rapide ne réponde pas totalement aux attentes des pays de l'Est, qui souhaitaient l'établissement de bases permanentes de l'Otan, ses promoteurs espèrent qu'elle jouera un rôle dissuasif. "Cette décision envoie un message clair: l'Otan protège ses alliés, en tous temps. Et elle envoie un message clair à tout agresseur potentiel: si vous osez attaquer un allié, vous devrez faire face à toute l'Alliance", a déclaré Anders Fogh Rasmussen. MOSCOU CRITIQUE Commentant le renforcement du dispositif atlantiste, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a souligné que les garanties en matière de sécurité réclamées de longue date par Varsovie n'en étaient plus au stade des promesses verbales. Le président polonais Bronislaw Komorowski s'est également félicité de cette décision. "Nous sommes très touchés qu'il y ait eu des progrès dans l'amélioration du degré de préparation de l'Otan à créer (un fer de lance), en mobilisant des effectifs de l'ordre de 5.000 hommes dans la seule optique d'une réaction rapide", a-t-il déclaré à la presse à Newport. L'annexion de la région ukrainienne de Crimée par la Russie et le soutien apporté par Moscou aux séparatistes de l'est de l'Ukraine a convaincu l'Otan de réviser sa stratégie en Europe de l'Est. Outre la force de réaction de rapide, l'Alliance a annoncé un renforcement de ses exercices militaires dans les pays de la région. Dans un communiqué diffusé après l'annonce de la signature d'un accord de cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que les exercices militaires prévus du 16 au 26 septembre entre l'Otan et Kiev "renforceraient les tensions, menaceraient les progrès du processus de paix en Ukraine et contribueraient à diviser davantage la société ukrainienne". (Avec Alexei Anishchuk; Jean-Philippe Lefief et Tangi Salaün pour le service français)

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