L'Otan va agir contre le trafic de migrants en mer Egée

le , mis à jour à 16:49
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 (Actualisé avec déclarations du général Breedlove §4-9) 
    BRUXELLES, 11 février (Reuters) - L'Otan va tenter de 
ralentir le flux de migrants et réfugiés arrivant en Europe en 
lançant une mission navale contre les réseaux de trafiquants en 
mer Égée, ont annoncé jeudi les ministres de la Défense de 
l'Alliance. 
    Alors que le nombre de Syriens fuyant la guerre dans leur 
pays via la Turquie ne cesse de croître, l'Union européenne 
cherche désespérément un moyen de contrôler une crise des 
migrants qui a déjà remis en cause le principe de 
libre-circulation dans l'espace Schengen. 
    La mission navale de l'Otan, dont les détails doivent encore 
être validés par les généraux de l'Alliance, devrait agir en 
coordination avec l'agence de protection des frontières 
extérieures de l'Union européenne (Frontex) et avec les 
garde-côtes grecs et turcs. 
    Le deuxième groupe maritime permanent de l'Otan dispose de 
cinq navires actuellement stationnés près de Chypre. Dirigé par 
l'Allemagne, il comprend des bâtiments canadien, italien, grec 
et turc.  
    Le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg, a 
indiqué qu'ils seraient prochainement déployés en mer Égée, 
d'autres bateaux étant ensuite susceptibles de les rejoindre. 
    Le Danemark devrait notamment fournir un navire, dit-on de 
source gouvernementale allemande. Les Pays-Bas pourraient 
également contribuer à la mission.  
    Le commandant suprême de l'Alliance, le général américain 
Philip Breedlove, a déclaré que les navires étaient en cours 
d'appareillage et que leur mission serait précisée pendant leur 
voyage vers la mer Egée.  
    "Il faut environ 24 heures", a-t-il dit. 
    L'officier américain a également déclaré que l'Otan 
surveillerait les passeurs à la frontière syro-turque.  
    "Il existe un réseau criminel qui exploite ces pauvres gens 
et il s'agit d'un trafic organisé", a déclaré le secrétaire à la 
Défense américain, Ashton Carter, lors d'une conférence de 
presse organisée pendant une réunion des ministres de la Défense 
de l'Otan à Bruxelles, où cette idée a été pour la première fois 
débattue. 
    "Cibler (ce réseau) est le meilleur moyen d'obtenir des 
résultats. C'est le principal objectif de (la mission)", a-t-il 
ajouté. 
     
    PAS D'ACTION MILITAIRE 
    Plus d'un million de réfugiés et migrants sont arrivés en 
Europe l'an dernier et l'Allemagne, qui a accueilli la grande 
majorité d'entre eux, s'inquiète de voir qu'en dépit d'un accord 
conclu avec la Turquie en novembre, les arrivées continuent à un 
rythme toujours plus élevé.       
    La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a 
déclaré que Berlin participerait à la mission de l'Otan aux 
côtés de la Grèce et de la Turquie, tandis que les Etats-Unis 
ont apporté leur soutien à ce projet. 
    "Il est important que nous agissions désormais rapidement", 
a souligné Ursula von der Leyen devant la presse. 
    De sources diplomatiques, on précise que l'Otan ne devrait 
pas agir militairement contre les réseaux de trafiquants, mais 
transmettre les renseignements qu'elle recueille aux garde-côtes 
turcs, l'Alliance comme l'UE ne souhaitant pas donner 
l'impression que les réfugiés sont désormais considérés comme 
une menace. 
    Les bateaux grecs et turcs ne quitteront en outre pas leurs 
eaux territoriales respectives, compte tenu des relations 
difficiles entre ces deux pays, ajoute-t-on. 
 
 (Robin Emmot et Phil Stewart, avec Sabine Siebold; Tangi Salaün 
et Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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