L'Otan se réunit pour poursuivre son projet de dissuasion à l'Est

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    * Les ministres de la Défense réunis mercredi à Bruxelles 
    * Concrétiser le déploiement d'unités dans les pays baltes 
et en Pologne 
    * Des tensions ravivées avec la Russie 
    * Un projet "dissuasif" plutôt qu'offensif, assure 
Stoltenberg 
 
    par Robin Emmott 
    BRUXELLES, 26 octobre (Reuters) - Les ministres de la 
Défense de l'Otan se réunissent mercredi à Bruxelles pour 
discuter notamment du déploiement militaire de l'Alliance à 
l'Est, sur fond de désaccords prolongés avec Moscou. 
    Alors que les avions russes multiplient les démonstrations 
de force en longeant les côtes européennes pour rejoindre la 
Syrie, les dirigeants de l'Alliance Atlantique entendent 
concrétiser la promesse faite en juillet d'envoyer des unités 
dans les pays baltes et dans l'est de la Pologne.   
    Les Etats-Unis espèrent obtenir des engagements européens 
pour fournir les rangs de quatre bataillons de 4.000 soldats, 
dans le cadre de la réponse de l'Otan à l'annexion de la Crimée 
par la Russie en 2014, et d'inquiétudes quant aux velléités 
russes. 
    La France, le Danemark et l'Italie devraient entre autres se 
joindre aux bataillons menés par les Etats-Unis, l'Allemagne, la 
Grande-Bretagne et le Canada en Pologne, en Lituanie, en Estonie 
et en Lettonie, en fournissant notamment des drones ou des 
véhicules blindés. 
    Le 14 octobre, Rome a annoncé le déploiement en Lettonie de 
140 militaires italiens sous la bannière de l'Otan, à l'occasion 
d'une visite à Rome du secrétaire général de l'Alliance, Jens 
Stoltenberg.   
    Ce dernier estime que les engagements des partenaires 
constitueront "une manifestation claire de notre lien 
transatlantique". Des diplomates jugent en outre que la mesure 
enverra un message au candidat républicain américain Donald 
Trump, qui s'est plaint à plusieurs reprises du manque 
d'engagement des alliés européens de l'Otan. 
     
    "PRÉVENIR UN CONFLIT" 
    Les quatre bataillons seront soutenus par la force de 
réaction rapide de l'organisation, forte de 40.000 hommes, et de 
possibles renforts en cas de conflit.  
    Ils s'inscrivent dans la nouvelle stratégie de dissuasion de 
l'Otan dans la région, et pourraient à l'avenir se doubler de 
défenses antimissiles, de patrouilles aériennes voire de 
boucliers anti-attaques informatiques. 
    Pour le Kremlin, déjà irrité par l'expansion à l'Est de 
l'Alliance (les pays baltes l'ont rejointe en 2004), ces projets 
militaires sont de trop. 
    Le secrétaire général Jens Stoltenberg a démenti toute 
provocation: "C'est une dissuasion crédible, non pour provoquer 
un conflit mais pour prévenir un conflit", a-t-il dit mardi à 
des journalistes. 
    Prévus pour l'année prochaine, ces déploiements ont pris une 
importance symbolique après l'annonce du Kremlin de son 
désengagement d'accords de non-prolifération nucléaire le mois 
dernier.   
    Au début du mois, Moscou a en outre déplacé des missiles à 
capacité nucléaire dans son enclave baltique de Kaliningrad, 
entre la Pologne et la Lituanie.   
    "Ce déploiement, s'il devient permanent, si la présence 
d'armes nucléaires est confirmée, constituerait un changement du 
dispositif de sécurité" de la Russie, a déclaré l'émissaire 
américain auprès de l'Otan, Douglas Lute. 
 
 
     
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 
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