L'Otan se défend de participer à une course aux armements

le , mis à jour à 17:22
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BRUXELLES, 24 juin (Reuters) - L'Otan ne se laissera pas entraîner dans une course aux armements avec la Russie mais doit renforcer ses moyens de défense à la suite de l'agression russe en Ukraine, a déclaré mercredi le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg. Les Etats-Unis ont annoncé ce mois-ci leur intention d'entreposer des armes lourdes, notamment des chars de combat, dans des Etats membres de l'est de l'Europe, à la frontière russe. Le président russe Vladimir Poutine, de son côté, a décidé de renforcer l'arsenal nucléaire de son pays, en déployant une quarantaine de nouveaux missiles balistiques intercontinentaux. Le Pacte de Varsovie, l'alliance militaire mise en place par l'Union soviétique pendant la Guerre froide, a été dissous en 1991, lors de la chute de l'URSS. Son pendant occidental, l'Otan, est toujours là. "Nous ne serons pas entraînés dans une course aux armements mais nous devons assurer la sécurité de nos pays membres", a déclaré Jens Stoltenberg aux journalistes au début d'une réunion à Bruxelles des ministres de la Défense de l'Otan. La semaine dernière, un responsable russe a accusé l'Alliance de chercher à entraîner son pays dans une course aux armements en intensifiant ses activités aux frontières de la Russie, notamment dans les Etats baltes. Le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, a annoncé mardi que les trois pays Baltes -- Estonie, Lituanie et Lettonie -- ainsi que la Bulgarie, la Roumanie et la Pologne avaient accepté d'accueillir des armes lourdes américaines. Pour Jens Stoltenberg, la décision américaine d'entreposer des armes lourdes en Europe de l'Est est une mesure purement défensive et n'a rien à voir avec une "provocation". "C'est une réponse aussi prudente que nécessaire à ce que nous avons vu venir de Russie depuis pas mal de temps", a-t-il dit. "Ce que la Russie a fait en Ukraine n'a rien de défensif. Annexer une partie d'un pays n'est pas défensif (...), c'est un acte d'agression", a-t-il dit. Il faisait allusion à la péninsule de Crimée, rattachée à l'Ukraine par le numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954 et que la Russie a annexée en mars 2014, avec son grand port militaire de Sébastopol sur la mer Noire. Les Russes, a ajouté Jens Stoltenberg, "utilisent une nouvelle rhétorique nucléaire et organisent des manoeuvres, et tout cela crée un nouvel environnement en matière sécuritaire". (Adrian Croft et Robin Emmott, avec Sabine Siebold et Phil Stewart; Guy Kerivel pour le service français)

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