L'Otan s'affiche vigilante et unie face aux velléités russes

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    * L'Alliance "ne veut être une menace pour aucun pays" 
    * La Russie sera informée des décisions de Varsovie 
    * L'Otan renforce sa présence dans les pays baltes 
 
    par Elizabeth Pineau 
    VARSOVIE, 9 juillet (Reuters) - L'Alliance atlantique s'est 
affichée vigilante et unie lors de son sommet de vendredi et 
samedi à Varsovie, où les 28 Etats membres ont prôné un mélange 
de dialogue et de fermeté à l'égard de la Russie, dont 
l'attitude inquiète les pays de l'Est.  
    Tout au long des débats, les dirigeants, le président 
américain, Barack Obama, en tête, ont rappelé le principe de 
défense de ses membres en cas d'agression extérieure.  
    Un message largement adressé aux Russes, deux ans après 
l'annexion de la Crimée. Le dialogue avec Moscou reste toutefois 
maintenu.    
    "L'Otan ne constitue une menace pour aucun pays", peut-on 
lire dans les conclusions du sommet, organisé dans une capitale 
de l'ancien bloc soviétique.  
    "Dans cet esprit, nous restons prêts à un véritable dialogue 
avec la Russie, afin de communiquer clairement nos positions et, 
au premier rang des priorités, de réduire autant que possible 
les risques associés aux incidents militaires, y compris au 
travers de mesures de transparence réciproques."  
    Sur fond de conflit en Ukraine, dont le président Petro 
Porochenko a été convié à Varsovie, l'Otan a notamment décidé de 
déployer des unités dans les pays baltes et en Pologne. 
    Malgré cette annonce à même d'irriter Moscou, son secrétaire 
général, Jens Stoltenberg, a repoussé toute idée de nouvelle 
"Guerre froide" avec la Russie, qui sera informée des décisions 
prises à Varsovie. "Nous ne voyons aucune menace imminente 
contre aucun des alliés de l'Otan", a-t-il souligné, avant 
d'inviter Moscou à cesser de soutenir les séparatistes de l'est 
de l'Ukraine. 
    Les rapports avec la Russie ont constitué l'essentiel des 
discussions du dîner informel de jeudi soir.  
    "Le principal message de ce dîner, c'est que l'Alliance est 
unie, que nous sommes ensemble dans une approche (à l'égard de 
la Russie) basée sur la défense - une défense forte, et un 
dialogue constructif", a dit le diplomate norvégien. 
     
    FERMETÉ ET DIALOGUE 
    Le chef de l'Etat français, François Hollande, lui a fait 
écho dans sa conférence de presse finale.  
    "Nous devons, avec la Russie, faire preuve de fermeté quand 
c'est nécessaire, et ça a été nécessaire, et en même temps de 
dialogue", a-t-il résumé. "C'est la fermeté qui permet le 
dialogue et c'est le dialogue qui permet ensuite de trouver des 
solutions."  
    En réponse aux irritations de Moscou, le chef de l'Etat a 
rappelé que la consolidation de la défense antimissile de 
l'Otan, officiellement conçue pour intercepter des missiles 
intercontinentaux, "ne concerne pas la Russie". 
    Alors que le Royaume-uni s'apprête à quitter l'Union 
européenne, le Premier ministre David Cameron a répété son 
souhait de rester un membre à part entière de la défense 
européenne, comme au sein de l'Alliance.    
    "Ce que nous devons faire maintenant, c'est tirer le 
meilleur de toutes les relations que nous avons (Otan, G7, G20, 
Commonwealth) et être sûrs de nos relations bilatérales, que 
nous devons renforcer." 
    Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont 
quant à eux "réaffirmé la nécessité d'un processus ordonné pour 
définir l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'UE", 
selon un membre de la délégation américaine.  
    "Ils sont convenus qu'une relation hautement intégrée est la 
meilleure solution pour la communauté transatlantique", a-t-il 
ajouté.  
    François Hollande a défendu l'idée d'une défense à l'échelle 
du continent, en complément de l'Alliance atlantique.    
    "Une défense européenne séparée de l'Otan n'aurait aucun 
sens", a-t-il dit. "Il est important que l'UE et l'Otan puissent 
travailler en bonne intelligence et en pleine coopération."  
    Une des décisions prises est la prolongation de la mission 
de formation de l'armée afghane, pour laquelle les alliés, hors 
Etats-Unis, ont rassemblé un milliard de dollars.   
    L'Otan va également apporter un soutien, logistique et de 
renseignement, à l'opération européenne Sophia de surveillance 
des trafics, migrants et armes, au large de la Libye.  
 
 (Avec Paul Taylor et Robin Emmott, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • jpb222 le samedi 9 juil 2016 à 19:15

    Si chacun se prepare a une agression de l autre , il ne faudra pas grand chose pour que ca degenere . Le probleme c est qui va metre le feu aux poudres...