L'OTAN recommande aux forces afghanes une stratégie plus offensive

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    par Josh Smith et Mirwais Harooni 
    KABOUL, 23 février (Reuters) - L'Otan souhaite que les 
soldats afghans passent moins de temps à des postes de contrôle 
et plus de temps à attaquer les taliban, un changement de 
stratégie par lequel la coalition espère contrer une 
insurrection qui se renforce. 
    Avec la fin de la mission de combat de l'Otan en 
Afghanistan, seuls quelques milliers de soldats étrangers 
restent stationnés dans le pays et il revient donc à l'armée et 
la police afghane de restaurer la stabilité. L'alliance 
militaire cherche à optimiser les ressources disponibles. 
    Les milliers de postes de contrôle faiblement défendus des 
routes et des villes du pays sont la cible numéro un de l'Otan, 
qui veut réduire leur usage avant l'été prochain, où une 
intensification des combats avec les talibans est attendue. 
    "Ils ont beaucoup trop de soldats aux postes de contrôle", a 
dit le général Wilson Shoffner, porte-parole pour la mission 
d'entraînement de l'Otan Resolute Support. 
    "Un vieux dicton militaire veut que, si l'on défend partout, 
on ne défend nulle part, et c'est très vrai en ce qui les 
concerne (les forces de sécurité afghanes)." 
    L'idée commence à être suivie. La semaine dernière, des 
bataillons armés ont abandonné leurs avant-postes dans certains 
des endroits les plus contestés de la province du Helmand, ce 
qui devrait leur permettre de participer aux attaques contre les 
bastions des insurgés, estiment les autorités.   
     
    RESSOURCES LIMITÉES 
    "Nous avons décidé d'enlever à nos troupes leur rôle 
défensif et de les préparer à un rôle agressif dans l'année qui 
vient", a dit le général Ali Murad, commandant des forces 
terrestres de l'armée afghane. 
    "Nous leur prodiguons un entraînement sérieux et de 
meilleurs équipements afin de les préparer à une offensive au 
printemps", a-t-il ajouté. 
    Il sera cependant difficile de transformer les postes de 
contrôle en unités offensives dans tout le pays, des ressources 
limitées rendant difficiles les opérations mobiles. 
    Au sud de Kaboul, l'armée afghane contrôle plusieurs postes 
dans les cols de montagne reliant la capitale au district de 
Logar. Plus de 500 des 600 militaires affectés à cette région 
sont affectés à des barrages, selon le lieutenant colonel 
Mohammed Reya Khuram. 
    Ces postes défensifs ne sont pas toujours une mauvaise 
chose, nuance le général de division Abdul Nasir Ziaee.  
Soulignant qu'il y a souvent deux groupes à chaque site, l'un 
qui patrouille pour la "sécurité" et l'autre qui répond aux 
attaques. 
    Mais les récents événements tendent à montrer que la 
stratégie de défense fixe n'est pas payante. 
    Sept soldats et 15 policiers ont été tués ce mois-ci dans 
l'attaque d'un poste de contrôle dans le district du Helmand. 
    Les combattants taliban sont plus actifs que jamais depuis 
la chute de leur régime en 2001, estiment des experts 
occidentaux, ce qui souligne d'autant plus la nécessité d'une 
contre-offensive. 
    Selon l'armée américaine, les forces gouvernementales 
afghanes, qui comptent plus de 300.000 militaires et policiers, 
ne maîtrisent que 70% du pays. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 
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