L'Otan peut se déployer où elle veut, dit Stoltenberg

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VARSOVIE, 5 octobre (Reuters) - Le nouveau secrétaire général de l'Otan a déclaré dimanche que l'Alliance atlantique pouvait déployer ses forces partout où elle le souhaitait, ce qui pourrait remettre en cause les accords post-Guerre froide déjà fragilisés par la crise en Ukraine, et notamment l'annexion de la Crimée par la Russie. Jens Stoltenberg, qui a pris ses fonctions mercredi, s'exprimait en Pologne, rendue inquiète par l'attitude de la Russie, son ancienne puissance de tutelle du temps de l'Union soviétique. Il a paru adopter une approche plus ferme à l'égard de Moscou que la position rappelée début septembre par les pays membres de l'Otan lors d'un sommet au Pays de Galles où a été décidée la création d'une force de réaction rapide, baptisée "fer de lance". "L'année prochaine, lors d'une réunion ministérielle, nous prendrons des décisions en ce qui concerne ce qu'on appelle le 'fer de lance' mais, même avant qu'elle ne soit créée, l'Otan dispose d'une armée puissante après tout. Nous pouvons la déployer partout où nous le voulons", a dit Jens Stoltenberg. "Ces capacités existent déjà. Nous les avons et nous pouvons les déployer dans des régions précises. Et (cette force de réaction rapide) n'est qu'un ajout à ce que l'alliance possède déjà", a-t-il ajouté. Au Pays de Galles, les pays membres de l'Otan sont convenus de créer une force de réaction rapide susceptible d'être déployée en 48 heures sur toute zone de tensions. Ils ont revanche refusé d'accéder à la demande de certains d'entre eux, notamment la Pologne, de faire stationner de manière permanente des milliers de soldats en Europe de l'Est. Ils ont pris cette décision en partie à cause du coût d'un tel dispositif et en partie car ils ne voulaient pas enfreindre un pacte conclu en 1997 par lequel l'Otan s'est engagée auprès de la Russie à ne pas installer de manière permanente de grands contingents militaires en Europe de l'Est. L'Otan a clairement indiqué qu'elle n'interviendrait pas militairement en Ukraine, qui ne fait pas partie de l'alliance, mais elle a renforcé les défenses de ses membres d'Europe de l'Est. (Anna Wlodarczak-Semczuk; Bertrand Boucey pour le service français)

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