L'Otan organise son retrait d'Afghanistan

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L'Otan organise son retrait d'Afghanistan
L'Otan organise son retrait d'Afghanistan

par David Brunnstrom et Caren Bohan

CHICAGO (Reuters) - L'Otan transfèrera aux forces afghanes la responsabilité des opérations de combat à la mi-2013, ont convenu lundi les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Alliance, réunis à Chicago.

Les Vingt-Huit ont formellement approuvé la stratégie des Etats-Unis, qui prévoit un retrait progressif des 130.000 militaires de manière à trouver une ligne commune à l'Alliance, alors que la France a décidé de retirer l'ensemble de ses troupes combattantes dès cette année.

"Le succès de cette mission est d'un intérêt vital pour nos nations et pour le monde. Je suis convaincu que nous pouvons contribuer aujourd'hui à cet objectif et mettre fin à cette guerre avec responsabilité", a déclaré lundi Barack Obama.

Le communiqué final du sommet de Chicago parle de transfert "irréversible" de la responsabilité du maintien de l'ordre aux forces afghanes et précise que l'Otan ne fera plus que former et conseiller les troupes locales en 2014. "Il n'y aura pas de mission de combat", souligne le document.

Le retrait d'Afghanistan a fait apparaître des divergences au sein de l'Alliance alors que demeurent les doutes quant à la capacité de l'armée afghane à assurer la sécurité du pays.

"Les troupes combattantes seront retirées d'Afghanistan d'ici la fin de l'année", a rappelé dimanche le nouveau président français, François Hollande, qui évoque "un acte de souveraineté".

"En 2013 demeureront uniquement des formateurs pour les forces de police et pour les cadres de l'armée afghane et ça se fera dans le cadre de l'opération elle-même de l'Isaf. Sur ces principes-là nous avons pu trouver un accord commun", a ajouté François Hollande, qui a rencontré le président afghan Hamid Karzaï.

"PARTIR ENSEMBLE"

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est dit certain que les pays de l'Alliance sauraient "maintenir la solidarité au sein de notre coalition" malgré la décision de la France. "Il n'y aura pas de ruée vers la sortie", a-t-il ajouté. "Nous allons rester engagés dans notre opération en Afghanistan afin de la mener à bien."

Le projet de l'Otan est de transférer aux forces afghanes la pleine responsabilité de la sécurité au milieu de l'année prochaine et de retirer la plupart de ses 130.000 soldats d'ici fin 2014, a-t-il ajouté.

"Nous sommes allés en Afghanistan ensemble, nous comptons en partir ensemble", a promis quant à elle la chancelière allemande Angela Merkel.

"Ce que nous entendons par guerre d'Afghanistan est fini, mais notre attachement à notre amitié et notre partenariat avec l'Afghanistan continue", a assuré Barack Obama à l'issue d'une rencontre en marge du sommet avec Hamid Karzaï.

Le président afghan a remercié les "contribuables américains" pour leur "argent", ajoutant que l'Afghanistan était pressé de "ne plus être un poids" pour la communauté internationale.

Le conflit afghan entamé en novembre 2001 pèse de plus en plus sur les opinions publiques occidentales en raison des victimes qu'il engendre mais également de son coût dans un contexte de tensions budgétaires.

Après une décennie de combats, les taliban chassés du pouvoir à Kaboul n'ont pas été vaincus et l'engagement militaire n'a pas fait la preuve de son efficacité.

APPROVISIONNEMENT

Les taliban ont fait entendre leur voix dans un courriel qui invite les pays présents en Afghanistan à suivre l'exemple français et à quitter le pays.

"Les peuples des pays alliés à l'Amérique ont aussi montré leur opposition à l'occupation de l'Afghanistan", dit le groupe insurgé islamiste.

Ce sommet des 28 membres de l'Otan a été également pour le président américain l'occasion de tenter de minimiser les divergences apparues entre Washington et l'Europe, et notamment la France, depuis l'élection de François Hollande le 6 mai.

Les détails de l'organisation de ce départ des troupes combattantes, prévu pour fin 2012, devraient faire l'objet de réunions d'état-major en France dans les prochains jours.

Le président pakistanais Asif Ali Zardari a été ajouté à la dernière minute à la liste des participants à ce sommet dans un contexte de tensions exacerbées entre Washington et Islamabad.

Dans un entretien avec Hillary Clinton en marge du sommet, il a plaidé pour "solution définitive" aux raids de drones américains en territoire pakistanais, qui attisent les tensions entre les deux pays. Il n'a pas évoqué la réouverture des voies d'approvisionnement de l'Otan, fermées fin 2011 après la mort de 24 soldats pakistanais, tués accidentellement par l'aviation américaine.

Avec Elizabeth Pineau à Chicago, Matt Spetalnick et Phil Stewart, Pierre Sérisier, Bertrand Boucey et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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