L'Otan n'entend pas engager une course-poursuite avec la Russie

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    par Robin Emmott 
    BRUXELLES, 27 octobre (Reuters) - L'Otan n'entend pas se 
lancer dans une course-poursuite visant à répondre directement à 
la démonstration de force militaire à laquelle se livre 
actuellement Vladimir Poutine afin de prouver que la Russie est 
prête à une confrontation avec l'Occident. 
    Curtis Scaparrotti, commandant des forces de l'Alliance 
atlantique, a expliqué mercredi aux ministres de la Défense de 
l'organisation que plus de 120.000 soldats russes avaient pris 
part à des exercices en septembre. 
    Lors de ces manoeuvres, a été tiré un missile capable de 
transporter une charge nucléaire.  
    Cela s'ajoute à la présence de missiles balistiques Iskander 
dans l'enclave de Kaliningrad et à la présence du seul 
porte-avions dont dispose la Russie au large des côtes 
européennes avec des missiles également susceptibles de 
transporter des charges nucléaires. 
    "Le principal défi n'est pas une initiative ou un 
déploiement isolé. Ce qui compte c'est l'image d'ensemble et 
nous constatons un accroissement notable des capacités russes en 
mer, sur terre et dans les airs avec des manoeuvres ayant des 
scénarios de plus en plus agressifs", a expliqué Jens 
Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan. 
    "Poutine montre un désir de domination", explique un 
diplomate allié. "D'une manière simultanée, de l'Arctique à la 
mer Noire en passant par la Baltique, la Russie entend utiliser 
de l'armement sophistiqué avec des navires datant de l'époque 
soviétique". 
    "Nous n'allons pas copier ce que fait la Russie", a précisé 
Stoltenberg. "Nous ne sommes pas dans une situation de Guerre 
froide", a-t-il estimé faisant référence à l'époque où 300.000 
militaires américains étaient stationnés en Europe. 
    L'Otan a simplement décidé d'envoyer 4.000 soldats ainsi que 
des avions, des blindés et de l'artillerie dans les Etats baltes 
et en Pologne l'an prochain afin de rassurer les alliés. 
    Cette réponse paraît peu en proportion avec les quelque 
330.000 soldats russes qui sont stationnés près de Moscou. 
    "Ils (les Russes) utilisent tous les outils qu'ils ont dans 
leur inventaire pour accentuer le sentiment qu'ils entendent 
créer un champ de bataille", a expliqué le vice-amiral James 
Foggo, commandant de la flotte américaine en Europe. 
    Washington s'attendait à une réaction négative de la part de 
Moscou lorsqu'a été annoncée en novembre l'installation d'un 
bouclier antimissile en Pologne afin de se défendre contre 
l'Iran et non contre la Russie. 
    Pour l'ambassadeur russe auprès de l'Otan, Alexandre 
Grouchko, ce sont les Occidentaux qui mettent en danger la 
sécurité de l'Europe et non son pays. 
    "L'Alliance est de plus en plus accaparée par le 
développement et l'accentuation de sa politique de 
contingentement militaire et politique total de la Russie", 
a-t-il dit. 
    "La question à laquelle nous devons répondre est de savoir 
si nous avons la capacité de comprendre de manière satisfaisante 
le comportement de la Russie. La Russie fait tout un tas de 
choses nouvelles et inhabituelles", a commenté l'ambassadeur 
britannique à l'Otan. 
     
     
     
 
 (Pierre Sérisier pour le service français) 
 
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  • charleco il y a un mois

    Les Usa, c'est comme Goldman Sachs : quand ils disent quelque chose, il faut s'attendre à son contraire.

  • delapor4 il y a un mois

    L'OTAN prend le contre-pied de ses déclarations précédentes. Que lui arrive-t-il donc?

  • charleco il y a un mois

    L'agresseur qui se fait passer pour l'agressé! Ce n'est pas la Russie qui entretient plus de 700 bases militaires dans le monde. La Russie n'installe pas des bases militaires le long de la côte américaine. Ce discours américain est très suspect : ils font toujours l'inverse de ce qu'ils disent.