L'Otan divisée sur les mesures de stabilisation en Libye

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    BRUXELLES, 19 mai (Reuters) - L'Otan examine jeudi la 
possibilité d'une assistance accrue au nouveau gouvernement 
d'union en Libye qui lutte contre le groupe Etat islamique (EI) 
mais certains alliés veulent concentrer les efforts sur une 
mission navale visant à endiguer l'afflux de migrants rejoignant 
l'Europe à partir des côtes libyennes. 
    Réunies à Vienne lundi, les principales puissances mondiales 
ont proposé d'apporter une aide au gouvernement de Tripoli 
reconnu par l'Onu. 
    Les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance 
atlantique entendent examiner les moyens d'empêcher, grâce à des 
patrouilles maritimes, les livraisons d'armes aux djihadistes. 
    "L'Otan a pour mandat clair de se tenir prête à soutenir le 
nouveau gouvernement en Libye s'il en fait la demande", a 
commenté Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'organisation, 
avant le début de la réunion ministérielle. "Nous n'allons pas 
aborder la question de potentielles opérations de combat", 
a-t-il ajouté. 
    Les membres de l'Alliance demeurent divisés sur 
l'opportunité d'entraîner la nouvelle armée libyenne, de traquer 
les trafiquants d'armes ou d'endiguer le flot de migrants 
traversant la Méditerranée alors que l'été devrait se traduire 
par une multiplication des tentatives de passage. 
    "Nous devons déterminer la manière de coordonner les efforts 
de l'Union européenne et de l'Otan afin de réduire l'afflux de 
migrants", a déclaré Jose Manuel Garcia-Margallo, ministre 
espagnol des Affaires étrangères, de retour de Libye. 
    Plusieurs Etats membres de l'Alliance souhaiteraient voir la 
mission antiterroriste lancée en Méditerranée après les 
attentats du 11 septembre 2001 évoluer vers une intégration avec 
la mission navale "Sophia" conduite par l'Union européenne. 
    Pour ce faire, la Libye doit adresser une demande officielle 
à l'Otan et à l'UE de traquer les trafiquants dans ses eaux 
territoriales, expliquent des diplomates. Et même dans ce cas de 
figure, l'Otan serait certainement contrainte de solliciter une 
résolution du Conseil de sécurité de l'Onu à laquelle la Russie 
a déjà annoncé qu'elle pourrait s'opposer. 
    La mission "Sophia" est cantonnée aux eaux internationales, 
trop éloignées des côtes pour intercepter les trafiquants qui 
naviguent dans les eaux libyennes. 
    Une autre possibilité pourrait être d'aider à la 
constitution d'un ministère libyen de la Défense et, en 
collaboration avec l'UE, d'assurer l'entraînement de la police, 
des douanes et des gardes-côtes. 
    Un responsable du département d'Etat américain a indiqué 
qu'une proposition avait été faite par l'Otan en ce sens au 
gouvernement libyen mais que ce dernier n'a pas encore engagé de 
discussions officielles à ce sujet. 
 
 (Robin Emmott et Lesley Wroughton; Pierre Sérisier pour le 
service français) 
 
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