L'Otan craint une "incursion" russe en Ukraine

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L'OTAN CRAINT UNE "INCURSION" RUSSE EN UKRAINE
L'OTAN CRAINT UNE "INCURSION" RUSSE EN UKRAINE

par Adrian Croft

BRUXELLES (Reuters) - La Russie a massé des forces suffisantes aux frontières de l'Ukraine pour mener une "incursion" dans l'est du pays qui lui permettrait d'atteindre ses objectifs en trois à cinq jours, a estimé mercredi le commandant en chef de l'Otan.

Jugeant la situation à la frontière ukrainienne "extrêmement préoccupante", le général américain Philip Breedlove, chef suprême des forces de l'Alliance atlantique en Europe, a précisé dans une interview accordée à Reuters et au Wall Street Journal que l'Otan avait repéré des mouvements limités de troupes russes dans la nuit de mardi à mercredi.

Rien n'indique cependant que ces troupes sont en train de rentrer dans leurs casernes, comme le président russe Vladimir Poutine l'a assuré lundi à la chancelière allemande Angela Merkel, a-t-il ajouté.

Les ministres des Affaires étrangères des 28 Etats membres de l'Otan, réunis mardi à Bruxelles, ont demandé au commandement suprême de leur présenter d'ici au 15 avril un plan de soutien aux alliés de l'Alliance en Europe de l'Est, incluant l'envoi de renforts par voies terrestre, aérienne et maritime, a dit Philip Breedlove.

Ces mesures pourraient se traduire par l'envoi de soldats et d'équipements en Europe de l'Est, l'organisation de manoeuvres, l'amélioration du déploiement de la force de réaction rapide et une révision des plans militaires alliés.

Selon les Etats-Unis, les Russes ont massé quelque 40.000 hommes à la frontière ukrainienne, appuyés par des avions et des hélicoptères.

"C'est une force très importante, très compétente et très opérationnelle, avec tout ce qui lui est nécessaire pour mener une incursion en Ukraine si la décision en était prise", a dit le général Breedlove.

Cette force "pourrait atteindre ses objectifs en trois à cinq jours", a-t-il ajouté.

"NOUVELLE RÈGLE DU JEU"

Selon le général, les objectifs potentiels des Russes pourraient être la création d'un corridor terrestre vers la péninsule de Crimée, que Moscou a annexée le 21 mars dernier, une avancée jusqu'au port ukrainien d'Odessa, sur la mer Noire, voire une poussée jusqu'à la Transnistrie, région russophone qui s'est séparée de la Moldavie.

"Nous allons voir comment notre alliance peut réagir à une nouvelle règle du jeu", a-t-il poursuivi.

L'Otan a décidé mardi de suspendre toute coopération avec la Russie en réponse à l'annexion de la Crimée.

Qualifiant l'attitude de Moscou d'inacceptable, son secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré : "Par ses actes, la Russie a ébranlé les principes sur lesquels est construit notre partenariat et a contrevenu à ses propres engagements internationaux. Aussi ne pouvons-nous pas continuer comme si de rien n'était."

Les ministres de l'Alliance ont par ailleurs dit vouloir intensifier leur coopération avec les nouvelles autorités de Kiev, notamment dans les domaine de la défense via des programmes d'entraînement.

A Moscou, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, a accusé mercredi l'Otan de vouloir en revenir aux "joutes verbales de la Guerre froide". Il a rappelé que l'Alliance avait déjà suspendu sa coopération avec la Russie lors de la guerre de Géorgie en août 2008, avant de revenir d'elle-même sur cette décision.

"Il est facile d'imaginer qui va profiter de la suspension de cette coopération, face aux défis modernes posés à la sécurité de l'Europe et du monde, en particulier dans le domaines de la lutte contre le terrorisme, la piraterie, les désastres naturels ou provoqués par l'homme", a ajouté le porte-parole russe.

"En tout cas, il est clair que ce ne seront si la Russie ni les Etats membres de l'Otan..."

Moscou n'a pas annoncé de mesures de représailles, mais le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a, lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry, fait part de sa préoccupation après la suspension par l'Otan de sa coopération.

(Avec Timothy Heritage à Moscou, Tangi Salaün, Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)

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  • PSYYIR le mercredi 2 avr 2014 à 16:20

    C'est vrai ce mensonge ?, comme les armes de destruction massive de Saddam

  • LeRaleur le mercredi 2 avr 2014 à 15:57

    Du blabla d'enfoirés.