L'Otan approuve la stratégie d'Ankara contre l'Etat islamique

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    ANKARA, 9 septembre (Reuters) - Le secrétaire général de 
l'Otan Jens Stoltenberg a salué vendredi la contribution 
croissante de la Turquie à la lutte contre l'Etat islamique en 
Syrie et estimé que la formation des forces sur place était la 
clé pour vaincre le groupe fondamentaliste sunnite. 
    Lors d'une conférence de presse commune avec le ministre 
turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu, Jens Stoltenberg 
a souligné que l'Otan avait renforcé sa présence militaire en 
Turquie, qu'il a décrite comme un membre de l'Alliance 
atlantique "fort et de grande valeur". 
    "Je salue les efforts accrus de la Turquie, mais aussi des 
autres alliés, dans le combat contre l'EI en Syrie et je crois 
aussi que la clé est l'entraînement des forces locales", a 
déclaré Jens Stoltenberg en soulignant que la situation en Syrie 
était "très difficile". 
    Mevlut Cavusoglu a pour sa part estimé qu'avec le soutien de 
la coalition internationale formée par les Etats-Unis, 
l'organisation pouvait être "balayée" de Rakka, sa "capitale" en 
Syrie, et de Mossoul, son fief en Irak.  
    Il y a un peu plus de deux semaines, la Turquie a lancé sa 
première grande intervention militaire en Syrie avec pour but 
affiché de repousser l'EI de sa frontière et d'empêcher les 
milices kurdes YPG d'en profiter pour s'emparer des territoires 
abandonnés par les djihadistes. 
    Ankara s'est à nouveau prononcée pour l'instauration d'une 
zone d'exclusion aérienne afin de protéger les civils du nord de 
la Syrie. Il faut que le Conseil de sécurité des Nations unies 
se prononce sur la question, a déclaré Mevlut Cavusoglu. 
    Les efforts de la Turquie pour promouvoir une zone tampon se 
poursuivront jusqu'à ce que la frontière turque soit sûre et que 
les menaces aient disparu, a déclaré vendredi le Premier 
ministre Binali Yildirim. 
    La Turquie a également fait savoir qu'une délégation de 
députés allemands serait autorisée à se rendre début octobre sur 
la base aérienne d'Incirlik dans le sud de la Turquie. 
    Ankara refusait jusqu'ici d'autoriser cette visite pour 
protester contre la déclaration du Bundestag, la chambre basse 
du Parlement allemand, reconnaissant début juin le massacre des 
Arméniens par les forces ottomanes en 1915 et l'a qualifié de 
génocide.   
    Le ministre allemand des Affaires étrangères a salué la 
décision turque, disant y voir la volonté d'Ankara de reprendre 
le dialogue.  
    "Je suis très heureux que cette question semble désormais 
résolue", a déclaré Frank-Walter Steinmeier. "Tous les efforts 
doivent être concentrés sur la lutte contre Daech et la présence 
allemande sur la base aérienne d'Incirlik fait partie de la 
contribution allemande." 
 
 (Ece Toksabay, Humeyra Pamuk et Gulsen Solaker; Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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