L'organisation indépendantiste basque Batasuna s'auto-dissout

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BORDEAUX (Reuters) - L'organisation indépendantiste basque Batasuna a annoncé jeudi à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) sa dissolution en raison de la "nouvelle phase politique" dans laquelle entre le Pays basque.

Ce parti, interdit par les autorités espagnoles qui le considèrent comme le bras politique de l'organisation armée Eta, est légal en France.

"Nous vous annonçons la dissolution de Batasuna", ont dit lors d'une conférence de presse Jean-Claude Aguerre et Maïté Goyenetxe, deux membres de l'organisation qui a son siège à Bayonne.

"Nous sommes obligés de reconnaître que la phase politique dans laquelle nous avons créé Batasuna est dépassée. Cette phase politique étant close, il apparaît aussi que le temps de Batasuna est révolu", a déclaré Jean-Claude Aguerre.

Batasuna a été créé en 2000 par une grande partie des membres de la coalition Herri Batasuna, qui venait de cesser ses activités.

Ce parti avait vu le jour en 1978 juste après la fin de la dictature franquiste et s'était donné le but de fonder un Etat basque indépendant et socialiste, objectif repris par Batasuna.

Les membres de l'organisation estiment que le but que soit perçue une revendication commune du Pays basque en France et en Espagne a été atteint et que "le panorama politique a beaucoup changé au Pays basque", notamment dans la demande institutionnelle de la population.

"Les sigles n'ont pas d'importance. Le plus important est de garantir l'efficacité de notre lutte et d'assurer que les outils politiques dont nous avons besoin sont adaptés au moment politique", indique l'organisation dans un communiqué.

CESSEZ-LE-FEU

"Nous avons commencé à construire une nouvelle phase politique, nous avons la volonté de continuer dans cette voie, et l'outil politique adéquat pour ce faire n'est plus Batasuna", ajoute-t-elle.

L'évolution de l'Eta est aussi prise en compte.

L'organisation séparatiste fondée en 1959 et à laquelle est attribuée la responsabilité de la mort de près de 830 personnes, a annoncé le 5 septembre 2010 un cessez-le-feu.

En janvier 2010, elle a annoncé un cessez-le-feu permanent, général et vérifiable, en conformité avec l'accord de Guernica signé par les forces de gauche "abertzale" (patriote) appelant l'Eta à baisser les armes.

En octobre 2011, l'organisation basque annonçait "la fin définitive" de l'action armée. Eta a fait un pas supplémentaire le 24 novembre dernier en se disant prêt à négocier sa dissolution avec la France et l'Espagne mais Madrid y a opposé une fin de non recevoir, exigeant une dissolution sans discussion ni négociation.

Le 13 juin dernier, le comité de défense des prisonniers basques Askatasuna, créé en 2001 et interdit en Espagne dès l'année suivante, annonçait sa dissolution, estimant qu'il fallait apporter des changements alors qu'une "nouvelle dynamique" était en train de naître au Pays basque.

Le mouvement Herrira de création récente a désormais vocation a être le porte-parole des plus de 620 prisonniers basques en Espagne et en France.

Deux jours plus tard, l'organisation de la jeunesse basque radicale Segi, interdite également en Espagne pour sa proximité supposée avec Eta, décidait de se dissoudre.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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