L'Oréal stabilise sa marge et reprend ses rachats d'actions

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LE SEMESTRE DE L'ORÉAL DOPÉ PAR SA DIVISION DE PRODUITS DE LUXE
LE SEMESTRE DE L'ORÉAL DOPÉ PAR SA DIVISION DE PRODUITS DE LUXE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a fait état mardi d'une solide progression de ses résultats semestriels, surtout portés par les performances de sa division de produits de luxe, et annoncé son premier programme de rachat d'actions depuis 2008.

Le numéro un mondial des cosmétiques a vu son résultat opérationnel augmenter de 11,4% à 1,896 milliard d'euros, un chiffre légèrement inférieur au consensus Thomson Reuters I/B/E/S de 1,918 milliard, grâce surtout aux produits de luxe (Lancôme, Armani ou Yves Saint Laurent Beauté), dont le résultat d'exploitation a grimpé de plus de 21%.

Les performances ont en revanche été nettement plus modérées dans les produits grand public (L'Oréal Paris, Garnier, Maybelline) où la progression a été de 6,7%, les produits professionnels destinés aux coiffeurs (Kerastase, Redken ou Matrix) où elle a atteint 7,7%, et la cosmétique "active" (La Roche Posay, Vichy) où elle est ressortie à 5,7%.

La marge opérationnelle du groupe est quant à elle restée quasiment stable, grappillant seulement 10 points de base à 16,9% (alors que les analystes attendaient en moyenne une plus forte progression à 17,25%), sous l'effet d'un recul de 20 points de base dans les produits grand public et la cosmétique active.

"C'est un peu décevant au niveau opérationnel, mais le programme de rachat d'actions témoigne de la confiance du groupe dans sa future génération de cash", commente Léopold Authié, analyste d'Oddo Securities.

Un autre analyste se dit déçu par la baisse de 50 points de base de la marge brute (à 71%), que L'Oréal explique par les effets devises, la consolidation de l'américain Clarisonic et une augmentation des avantages promotionnels.

Il juge également trop modeste le programme de rachat d'action (évalué à 2% du capital flottant) pour que le marché réagisse positivement.

Les dépenses publicitaires, à 30,4% des ventes, ont quant à elles été légèrement inférieures à celles du premier semestre 2011 (30,9%), tout comme les frais administratifs et commerciaux (20,3% contre 20,5%), tandis que les dépenses de recherche et développement sont restées stables à 3,4% du chiffre d'affaires.

PRÉCISIONS MERCREDI

Renouant pour la première fois depuis 2008 avec les rachats d'actions, généralement très appréciés par le marché, le groupe de cosmétiques a annoncé qu'il y consacrerait, d'ici à la fin de l'année, un montant maximum de 500 millions d'euros.

Le résultat net hors exceptionnels affiche une hausse de 10,1% à 1,659 milliard d'euros (1,643 milliard attendu).

Le groupe ne donne pas d'indication sur l'évolution attendue de ses résultats pour l'ensemble de l'année, se contentant de réaffirmer, dans un communiqué, son intention de surperformer le marché mondial des cosmétiques (dont il attend une croissance d'environ 4%) et d'améliorer ses résultats financiers.

Il commentera ses résultats devant les analystes et la presse mercredi matin et sera très attendu sur ses anticipations pour le deuxième semestre, notamment dans sa division grand public, à la lumière de la détérioration de la conjoncture mondiale, marquée par un fléchissement de la croissance en Asie et la crise qui frappe de plein fouet les pays d'Europe du Sud.

Dans un entretien au quotidien les Echos, son PDG Jean-Paul Agon, se dit confiant pour la deuxième partie de l'année.

"Nous pensons que le marché des cosmétiques va rester porteur", explique-t-il, en se disant également encouragé par la bonne performance du groupe en France où ses ventes ont enregistré une croissance organique de 4% au premier semestre.

"C'est une de nos meilleures années depuis longtemps dans tous nos secteurs", souligne-t-il à propos de l'Hexagone.

Malgré un léger tassement de sa croissance organique au 2e trimestre, le groupe avait agréablement surpris le marché fin juillet grâce à une progression de ses ventes supérieure aux attentes, tirée par sa division de produits de luxe et une très solide performance aux Etats-Unis, qui avaient permis de compenser un ralentissement dans les nouveaux marchés.

A la Bourse de Paris, le titre L'Oréal a clôturé à 101,00 euros mardi, engrangeant une hausse de 25% depuis le début de l'année et surperformant l'indice européen diversifié des valeurs de consommation qui avance de 18% sur la période.

La valeur se traite sur des multiples de valorisation d'environ 19,7 fois ses bénéfices estimés par les analystes pour 2013, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, un niveau inférieur à celui de son concurrent allemand Beiersdorf (24,7) ainsi qu'à celui de l'américain Estée Lauder (20,4).

Avec Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot et Marc Angrand

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