L'Oréal ralentit la cadence au 3e trimestre avec les Etats-Unis

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LES ÉTATS-UNIS PÈSENT SUR LE 3E TRIMESTRE DE L'ORÉAL
LES ÉTATS-UNIS PÈSENT SUR LE 3E TRIMESTRE DE L'ORÉAL

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a fait moins bien qu'attendu au troisième trimestre, avec une croissance organique ralentie par une brutale décélération des produits grand public aux Etats-Unis.

Le numéro un mondial des cosmétiques, propriétaire de Garnier, Lancôme ou Yves Saint Laurent Beauté, a vu ses ventes totaliser 5,47 milliards d'euros, accusant un recul de 0,8% en données publiées, plombé par des impacts de change défavorables.

A données comparables, sa croissance s'est tassée à 4,1% - après une progression de 5,2% au deuxième trimestre -, un chiffre nettement inférieur aux 5% attendus par les analystes.

"Les chiffres sont assez décevants. La croissance organique est vraiment inférieure aux attentes et s'avère être la plus faible depuis près de trois ans", commente Andrew Wood, analyste de Bernstein.

Ce ralentissement s'explique principalement par les Etats-Unis, où la croissance est tombée à seulement 0,6% à données comparables en raison, aux dires de L'Oréal, de déstockages drastiques des distributeurs sur les produits grand public.

"Le marché a commencé à brutalement ralentir à la fin du premier trimestre et les distributeurs ont réagi cet été en déstockant de façon massive et plus forte que prévu", a précisé le PDG, Jean-Paul Agon, lors d'une conférence téléphonique.

Il a tenu à souligner que la situation était aujourd'hui "assainie" aux Etats-Unis et réaffirmé que le quatrième trimestre de L'Oréal serait meilleur que le troisième, notamment grâce aux lancements de fin d'année prévus chez Armani, Lancôme ou L'Oréal Paris.

SOLIDES PERFORMANCES EN EUROPE DE L'OUEST

Première division du groupe, celle des produits grands public (Garnier, L'Oréal Paris, Maybelline) a vu sa croissance organique tomber à 3,4% au troisième trimestre, après 6,1% au deuxième.

A l'inverse, la division des produits de luxe (Lancôme, Armani, Yves Saint Laurent Beauté) a accéléré à 5,9%, faisant nettement mieux que les parfums et cosmétiques de LVMH (Dior, Givenchy, Guerlain), dont la croissance a été limitée à 3% sur la période.

Les produits "professionnels" destinés aux salons de coiffure ont maintenu le cap avec une progression de 2,9%, tandis que la cosmétique dite "active" (La Roche Posay, Vichy) a signé à nouveau la meilleure performance de toutes les divisions avec une très solide progression de 8,5%.

Sur le plan géographique, L'Oréal accélère en revanche la cadence en Europe de l'Ouest (+2,6%) malgré un marché généralement atone, et signe une progression solide de 8,6% dans les nouveaux marchés, en dépit d'un ralentissement observé des marchés chinois, indien ou russe.

Avec le tassement des pays émergents et des Etats-Unis, le groupe a révisé à la baisse sa prévision de croissance du marché mondial des cosmétiques, attendu en progression de 3,5% ou 3,6% en 2013, contre une fourchette de 3,5% à 4,0% auparavant.

"Le titre devrait baisser demain, mais rapidement trouver des acheteurs", commente un trader parisien, évoquant, outre l'accès de faiblesse du marché nord-américain, une tendance plutôt solide dans les pays émergents et en Europe de l'Ouest.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Benjamin Mallet

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