L'Oréal accélère la cadence au 1er trimestre, le luxe brille

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NETTE PROGRESSION DES VENTES DE L'ORÉAL AU PREMIER TRIMESTRE
NETTE PROGRESSION DES VENTES DE L'ORÉAL AU PREMIER TRIMESTRE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Oréal a fait état jeudi d'une nette progression de ses ventes au premier trimestre, portée par une très forte accélération dans les produits de luxe et par une solide dynamique aux Etats-Unis comme en Asie.

Le géant mondial des cosmétiques a également redressé la barre en Europe de l'Ouest, où le marché reste plombé par la crise, alors que ses ventes y avaient fléchi au dernier trimestre de l'an dernier.

Le chiffre d'affaires du groupe, propriétaire de L'Oréal Paris, Garnier, Lancôme ou YSL Beauté, a progressé de 9,4% au cours des trois premiers mois de l'année, pour atteindre 5,64 milliards d'euros.

Surtout, sa croissance organique s'est accélérée pour atteindre 6,4% (après 5,1% au dernier trimestre 2011 et 5,8% au premier), dépassant nettement les attentes des analystes qui anticipaient en moyenne une hausse de 5,3%.

Fort de ces chiffres, le PDG de L'Oréal, Jean-Paul Agon, estime que le premier trimestre, "sans être extrapolable, augure bien de l'année en cours (...) et renforce sa confiance dans la capacité du groupe à surperformer le marché".

Il avait estimé en février la croissance du marché mondial des cosmétiques aux environ de 4% en 2012.

"L'Oréal a nettement dépassé les anticipations, grâce surtout à la performance de la division luxe", souligne Andrew Wood, analyste de Sanford C. Bernstein.

Il salue aussi le retour à une croissance à deux chiffres dans les nouveaux marchés, pour la première fois depuis un an et, d'une façon plus générale, un retour à une croissance organique supérieure à 6%, une performance qui n'avait pas été atteinte depuis deux ans.

SUCCÈS DES SÉRUMS

La division de produits de luxe (Lancôme, Armani, Kiehl's, YSL Beauté) a particulièrement brillé. Ses ventes ont grimpé de 12,2% à données comparables, grâce à une puissante dynamique aux Etats-Unis et dans les pays émergents.

Lancôme, dopé par les ventes de ses très rentables sérums anti-âge Genefique et Visionnaire, a vu ses ventes augmenter de 14%, tandis que celles d'Yves Saint Laurent ont connu une "progression à deux chiffres" grâce à ses rouges à lèvres "Pur Couture".

Jean-Paul Agon a indiqué lors d'une conférence téléphonique que les marchés des cosmétiques de luxe avaient fortement progressé au premier trimestre et que L'Oréal avait amélioré ses positions concurrentielles au cours de cette période.

Le groupe avait récemment sous-performé ses concurrents comme Estée Lauder (Clinique, Estée Lauder, MAC) ou la division cosmétiques de LVMH (parfums Christian Dior, Guerlain).

Les ventes des produits grand public (L'Oréal Paris, Garnier, Maybelline), première division du groupe, ont progressé de 5,1% et celles des produits dits "professionnels", vendus dans les salons de coiffure, de 3,1%, en ligne avec la hausse du quatrième trimestre 2011.

Dans la "cosmétique active" (La Roche Posay, Vichy), la croissance est ressortie à 4,7%.

L'accélération de la demande dans les pays émergents a fait de la zone dite des "nouveaux marchés" (toutes les régions du monde hormis l'Europe de l'ouest et l'Amérique du Nord) la première région du groupe en termes de chiffre d'affaires, une première dans l'histoire du géant des cosmétiques.

Sur le plan géographique, le groupe a amélioré ses performances dans l'ensemble des régions du monde à l'exception de l'Amérique latine.

Il a accéléré la cadence aux Etats-Unis, avec une croissance organique de 6,6% après 5,6% au quatrième trimestre 2011, mais aussi en Asie avec une progression de 15,5% (après 12,7%).

Il a renoué avec la croissance en Europe de l'Est après des mois de sous-performance, avec une hausse de 2,1%. Mais la croissance s'est tassée en Amérique latine avec une progression de ses ventes de 8,5% (contre 10,9%).

Le titre L'Oréal a clôturé à 91,09 euros à la Bourse de Paris jeudi (+0,74%), signant une hausse de près de 13% depuis le début de l'année, contre une hausse de 11,6% pour l'indice européen diversifié des biens de consommation.

Edité par Cyril Altmeyer

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