L'option militaire reste envisagée en Syrie, dit Paris

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L'ÉLYSÉE MAINTIENT L'OPTION MILITAIRE SUR LA SYRIE
L'ÉLYSÉE MAINTIENT L'OPTION MILITAIRE SUR LA SYRIE

PARIS (Reuters) - L'option de frappes militaires contre la Syrie reste envisagée en cas d'échec de la diplomatie, déclare mercredi la porte-parole du gouvernement français au moment où se tient à l'Elysée un Conseil restreint de défense.

"La France reste déterminée à sanctionner l'usage des armes chimiques par Bachar al Assad", a dit sur RFI Najat Vallaud-Belkacem.

"L'option militaire est bel et bien envisagée" si les démarches diplomatiques en cours échouent, a-t-elle ajouté. "Il ne s'agit en rien d'une menace hypothétique".

Le Conseil de défense, qui réunit tous les ministres concernés sous la présidence de François Hollande, a pour objet de faire le point sur tous les aspects du dossier syrien - diplomatique, politique, militaire et stratégique, dit-on à l'Elysée.

Paris et Washington consultent la Russie et la Chine sur un projet français de résolution du Conseil de sécurité de l'Onu prévoyant de placer toutes les armes chimiques de la Syrie sous contrôle international en vue de leur destruction.

Si la proposition russe de mettre l'arsenal chimique syrien sous surveillance a été acceptée par Damas, il reste de nombreux obstacles à l'adoption de ce texte.

Ce dernier rend en effet le régime syrien responsable de l'attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas et n'exclut pas l'usage de la force en cas de non respect par la Syrie de ses exigences.

La Russie, qui ne reconnaît pas la responsabilité du régime de Bachar al Assad dans l'usage d'armes chimiques, a fait savoir qu'elle rejetterait une résolution prévoyant l'usage de la force.

L'ARMÉE FRANÇAISE RESTE EN ALERTE

"Si la Russie a rejeté toutes les autres résolutions, c'est parce qu'elles ouvraient la voie à une intervention militaire comme en Libye", a déclaré mercredi sur France Inter l'ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov.

"Nous pensons que le projet présenté par la France a été fait dans la précipitation et dans la hâte en reprenant les mêmes termes que les projets anciens", a-t-il ajouté.

La France ne ferme pas la porte à la négociation mais prend soin de ne pas abattre toutes ses cartes.

"C'est une négociation très sensible donc on ne va pas dire publiquement quelles sont nos lignes rouges", dit-on à l'Elysée.

Malgré le recul de l'imminence des frappes et un doute sur l'usage de la force, l'armée française reste en alerte.

"Nous restons en capacité de répondre aux directives du président de la République", a dit le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major des armées.

Pour Ségolène Royal, le conflit syrien pourrait dégénérer en guerre mondiale.

"Il y un risque d'intervention mais il y a un risque encore plus grand de non intervention", a dit l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle sur RMC et BFMTV.

"La non intervention peut aussi déclencher un conflit mondial au sens où c'est le feu vert à la dissémination des armes chimiques et à la dissémination des armes nucléaires", a-t-elle ajouté.

Julien Ponthus, édité par Patrick Vignal

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  • lorant21 le mercredi 11 sept 2013 à 10:30

    Il veut encore sa guerre, notre nouveau Guy Mollet! Rappelons qu'il y a eu plus de 100 000 morts en Syrie dans ce qui est devenue une guerre civile (du fait d'Assad).. dont 600 par des armes de "destruction massive" (pas si massive que cela donc mais le fantasme de 14-18 est toujours là). Gardons ce vrai terme pour la bombe atomique iranienne.