L'opposition ukrainienne réclame une médiation internationale

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L'OPPOSITION CONTINUE À MOBILISER DANS LE CENTRE DE KIEV
L'OPPOSITION CONTINUE À MOBILISER DANS LE CENTRE DE KIEV

par Alastair Macdonald

KIEV (Reuters) - Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch, en arrêt maladie depuis quatre jours, est rétabli et reprendra ses activités lundi alors que l'opposition, qui réclame désormais une médiation internationale, mobilise toujours des milliers de manifestants dans le centre de Kiev pour exiger sa démission.

"Après avoir suivi le traitement approprié, le président se sent bien et son état de santé est satisfaisant", a annoncé dimanche un communiqué de la présidence.

Viktor Ianoukovitch, âgé de 63 ans, était contraint au repos depuis jeudi en raison de douleurs respiratoires aiguës et d'une forte fièvre, ce qui avait créé un vide politique dans un pays secoué depuis deux mois par de violentes manifestations antigouvernementales.

Les dirigeants de l'opposition, de retour de Munich où se tenait ce week-end la conférence annuelle internationale sur la sécurité, se sont rendus devant la foule dans le centre de Kiev pour transmettre un message d'espoir.

Ils ont dit espérer qu'une médiation internationale permettra de résoudre la crise et entraînera des réformes constitutionnelles réduisant les pouvoirs du président.

Ils ont également assuré à leurs partisans que l'Ukraine recevrait une aide économique internationale si l'opposition parvient à accéder au pouvoir.

Sur Maïdan ("la place"), ainsi que les Ukrainiens nomment la place de l'Indépendance, épicentre du mouvement de contestation, des milliers de manifestants sont toujours rassemblés dans le froid.

"RÉGIME CRIMINEL"

L'ancien champion de boxe Vitali Klitschko, devenu l'une des figures de l'opposition, a rendu compte de ses discussions à Munich avec des dirigeants occidentaux, au cours desquelles il a demandé une médiation internationale.

"Le monde démocratique a compris qu'on ne peut pas faire confiance au régime Ianoukovitch", a-t-il lancé à la foule. "Nous avons donc demandé une médiation internationale dans les négociations avec Ianoukovitch, afin qu'il n'y ait pas ensuite de divergences d'interprétations sur les engagements pris."

Autre dirigeant de l'opposition, l'ancien ministre des Finances Arseni Iatseniouk, qui a refusé il y a quelques jours le poste de Premier ministre, a demandé aux autorités de libérer 116 détenus.

La loi d'amnistie promulguée en fin de semaine par le chef de l'Etat prévoit la libération des manifestants incarcérés mais à la condition que l'opposition évacue les bâtiments publics qu'elle occupe, notamment l'hôtel de ville de Kiev.

Arseni Iatseniouk a aussi demandé la libération de la dirigeante de son parti Batkivchtchina, l'ancien Premier ministre Ioulia Timochenko, libération également réclamée par l'Union européenne.

Il s'est par ailleurs prononcé pour une enquête internationale sur "ce régime criminel", sous les auspices du Conseil de l'Europe.

"Nous avons dit à Munich à nos partenaires occidentaux que nous avions vraiment besoin d'une aide financière pour sortir le pays de la crise. Mais quand nous disons 'nous', nous parlons du peuple ukrainien - pas un sou ne doit aller au régime Ianoukovitch", a poursuivi Arseni Iatseniouk.

MESSAGE D'OBAMA

"Ils sont prêts à aider le peuple ukrainien mais nous devons rétablir l'autorité du peuple. Le Parlement doit amender la Constitution et mettre fin aux pouvoirs dictatoriaux du président."

"L'Ukraine a un besoin urgent d'un Plan Marshall, pas de la loi martiale", avait déclaré l'ancien ministre des Finances samedi à Munich.

La porte-parole de l'Union européenne pour la politique étrangère, Catherine Ashton, est attendue mardi à Kiev.

"Il est avant tout important que la violence s'arrête et que se noue un dialogue constructif sur la réforme constitutionnelle et le rôle du Parlement. La population doit avoir confiance dans la transparence de ce processus qui doit finalement conduire à terme à des élections libres et équitables", a-t-elle déclaré dimanche dans la capitale bavaroise.

Un haut responsable du département d'Etat américain est également attendu dans la semaine à Kiev.

Dans un message vidéo diffusé dimanche sur internet par l'ambassade des Etats-Unis en Ukraine, le président Barack Obama souhaite que l'opposition soit entendue et que soit mis en place un gouvernement dont l'unité et la légitimité ne pourront être mises en cause.

"C'est un défi à relever mais nous sommes prêts à apporter notre aide à des négociations", a-t-il ajouté.

Les liens historiques et commerciaux entre l'Ukraine et la Russie, a poursuivi le président américain, "n'ont pas à être sacrifiés" mais "il est clair que le peuple d'Ukraine voit l'Europe et l'Occident comme des partenaires dans le cadre d'une économie plus libérale".

Avec Natalia Zinets et Jack Stubbs à Kiev, Alexandra Hudson et Adrian Croft à Munich; Guy Kerivel pour le service français

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  • lompala le dimanche 2 fév 2014 à 19:10

    Il faut arrêter de ce mêler des affaires intérieures des autres pays! Cela ne résoud rien et encourage les révoltes. Et quelques temps après cela recommence ! Les différences une fois crées par les pouvoirs en place, ne se résolvent que par l'élimination de l'autre parti !!!!

  • nayara10 le dimanche 2 fév 2014 à 18:36

    Du POGNON...Du POGNON...Du POGNON...On commence par 20 millards pour l'argent de poche....Et puis on verra ....