L'opposition turque vent debout contre une loi sécuritaire

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ANKARA, 20 février (Reuters) - Les parlementaires de l'opposition en Turquie ont affirmé vendredi leur détermination à faire barrage à un projet de loi du gouvernement renforçant les pouvoirs de la police et élargissant les conditions d'usage d'armes à feu par les forces de l'ordre en cas de manifestations violentes. L'examen du texte soutenu par le Parti pour la justice et le développement (AKP, islamo-conservateur) au pouvoir a donné lieu à des échauffourées entre élus à deux reprises cette semaine. Deux députés du Parti républicain du peuple (CHP, opposition laïque kémaliste) avaient dû être hospitalisés mardi après une bagarre qui avait fait cinq blessés. Les élus en sont à nouveau venus aux mains jeudi, selon des images de la séance des débats. On y voit un député de l'opposition tomber à la renverse sur les marches d'un escalier tandis qu'un autre s'est présenté avec un casque après les violences de mardi. "Le fait que les trois partis de l'opposition se dressent avec une telle vigueur contre ce projet de loi prouve que les assauts du gouvernement sont devenus insupportables pour toutes les composantes de la société", a déclaré Ali Riza Ozturk, membre du CHP. Le texte s'est également transformé en cheval de bataille pour les Kurdes qui le soupçonnent d'être dirigé contre leur communauté. Pervin Buldan, représentante du HDP, parti dont les élus sont principalement issus des régions à majorité kurde, a promis que son groupe continuerait à bloquer le texte tant que le gouvernement ne l'aurait pas amendé. Si cette situation de blocage devait durer jusqu'à la trêve parlementaire prévue fin mars, le projet de loi pourrait ne pas être adopté avant les élections générales du mois de juin. L'une des dispositions du texte autorise les policiers à faire usage de leurs armes de service contre les manifestants utilisant des cocktails Molotov ou d'autres armes. Les sanctions contre les personnes participant à des rassemblements violents seraient alourdies et les pouvoirs de police des gouverneurs nommés par le pouvoir central seraient élargis. Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Ahmet Davutoglu accusent régulièrement l'opposition de soutenir la violence. "Cette loi sera adoptée d'une manière ou d'une autre", a affirmé Davutoglu. (Humeyra Pamuk; Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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  • M3182284 le vendredi 20 fév 2015 à 17:48

    Atatürk se retourne dans sa tombe. La pays retombe dans la dictature de petits potentats que l'histoire oubliera vite. Encore un aux poches pleines qui espère ne pas finir lynché.