L'opposition syrienne rend compte de nouveaux bombardements

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BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a repris samedi matin ses bombardements sur plusieurs grandes villes du pays, entérinant l'échec effectif de la trêve entrée en vigueur la veille, rapportent plusieurs militants de l'opposition au président Bachar al Assad.

"L'armée a commencé à tirer des obus de mortier à sept heures du matin", a raconté Mohammed Doumany, un opposant de Douma, dans la banlieue de Damas. "J'ai compté 15 explosions et deux civils ont déjà été tués. Je ne vois aucune différence depuis l'instauration de la trêve."

Des tirs de mortiers ont également été signalés à Deir ez Zor, dans l'Est et à Alep, la capitale économique du pays, dont les rebelles tiennent environ la moitié des quartiers.

Des témoins ont également entendu pour la deuxième journée consécutive des tirs de mortier et des tirs à l'arme lourde près de la frontière turque dans la ville syrienne de Haram.

Un caméraman de Reuters se trouvant dans la ville frontalière de Besaslan, dans la province du Hatay dans le sud de la Turquie, a dit avoir entendu un hélicoptère survoler la région du côté syrien.

Des ambulances turques transportaient des blessés d'un point de passage non officiel de la frontière afin de les soigner en Turquie.

Des Damascènes ont par ailleurs mis en ligne des enregistrements montrant des avions de chasse qui bombardent, selon eux, les banlieues d'Erbin et Harasta.

La trêve arrachée aux deux camps pour la fête musulmane de l'Aïd al Adha par le médiateur Lakhdar Brahimi, a pris fin, dans les faits, après quelques heures, quand un attentat à la voiture piégée a fait cinq morts vendredi à Damas.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres et proche de l'opposition, plus de 150 personnes, dont 43 soldats loyalistes, ont été tuées vendredi.

Au total, le conflit qui dure depuis 19 mois a fait 32.000 morts selon certaines estimations.

L'état-major de l'armée a expliqué avoir répliqué un peu partout dans le pays à des attaques de la part des insurgés, qualifiées de "terroristes", contre des positions gouvernementales.

Oliver Holmes, Julien Dury et Agathe Machecourt pour le service français

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