L'opposition syrienne refuse des négociations indirectes

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    * L'opposition syrienne (HCN) rencontrera John Kerry samedi 
    * Les Kurdes du PYD veulent être représentés à Genève 
    * L'Allemagne y est favorable 
    * Un groupe du HCN, Djaïch al islam, est contre 
 
 (Actualisé avec citations, contexte, Kurdes) 
    BEYROUTH, 22 janvier (Reuters) - Un représentant de 
l'opposition syrienne a déclaré vendredi que des négociations de 
paix, même indirectes, ne pourront s'ouvrir avec le président 
syrien Bachar al Assad et le gouvernement de Damas sans l'arrêt 
des bombardements russes et le départ des forces 
gouvernementales qui assiègent des zones civiles.  
    John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a plaidé 
jeudi pour le maintien de la conférence de Genève, prévue lundi, 
quitte à ce que les discussions n'aient pas lieu face à face. Le 
gouvernement syrien, soutenu par la Russie, s'est dit prêt à y 
participer.  
    Mais pour George Sabra, numéro deux de la délégation de 
l'opposition mise sur pied pour la conférence de Genève, il 
reste des "obstacles" à surmonter pour que la conférence du 25 
janvier puisse avoir lieu. "Les bombardements russes de zones 
civiles doivent cesser et les sièges ou blocus doivent être 
levés", a-t-il déclaré, lors d'un entretien téléphonique accordé 
à Reuters. 
    "Les modalités des discussions ne nous concernent pas mais 
les conditions doivent être réunies pour qu'elles aient lieu", a 
déclaré George Sabra. Prié de dire si cela signifiait que 
l'opposition refusait des négociations indirectes, il a répondu 
: "oui". 
    Lors de la rencontre, prévue samedi, entre John Kerry et 
Riad Hidjab, qui préside le conseil de l'opposition, "toutes les 
questions seront clairement exposées", a précisé George Sabra. 
    Le Haut comité des négociations (HCN) a été créé en Arabie 
saoudite le mois dernier avec des groupes politiques et des 
opposants armés du président Bachar al Assad. 
    La tenue des discussions de Genève était déjà rendue 
aléatoire par des différends entre les parties au conflit sur 
les personnalités qui doivent représenter l'opposition. La 
Russie veut que la délégation de l'opposition soit élargie à 
divers groupes et notamment aux Kurde du PYD qui contrôlent de 
grandes parties du Nord-Est syrien. 
    Le HCN a rejeté la participation d'autres parties aux 
négociations et estime que les Kurdes, qu'il accuse de coopérer 
avec Damas, doivent faire partie de la délégation du 
gouvernement syrien s'ils veulent participer. 
     
     
    "MÊME MENTALITÉ" 
    Un des principaux groupes rebelles au sein du HCN, Djaïch al 
Islam (L'Armée de l'islam), a déclaré que l'opposition faisait 
l'objet de "beaucoup de pressions" pour faire des concessions. 
    "Nous n'oublions pas qu'il y a des Etats frères qui nous 
soutiennent et nous aident à surmonter ces pressions, notamment 
l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie", déclare le groupe 
dans un communiqué publié par son porte-parole, Islam Allouch. 
    Djaïch al Islam est considéré comme un groupe terroriste par 
la Russie. De nombreux opposants au président Bachar al Assad le 
considèrent comme une composante légitime de l'opposition. 
  
    De leur côté, les Kurdes du PYD affirment qu'ils doivent 
être représentés à Genève sous peine d'échec des discussions et 
accusent Djaïch al Islam de faire montre de la "même mentalité" 
qu'Al Qaïda et l'Etat islamique. 
    "Si certaines parties qui sont efficaces dans le dossier 
syrien ne sont pas autour de la table, il va se passer la même 
chose que ce qu'il s'est passé à Genève 2", a dit Saleh Muslim, 
qui codirige le Parti de l'union démocratique (PYD), en 
référence aux négociations de 2014 qui s'étaient terminées sans 
résultats concrets. 
    "Leur mentalité est la même que celle du Front al Nosra et 
de Daech (acronyme arabe de l'Etat islamique, NDLR). Ils veulent 
clairement établir un Etat islamique", a dit Saleh Muslim, qui a 
posé le PYD comme le garant de la laïcité lors des négociations. 
    L'Allemagne est allée dans le sens du PYD vendredi. 
    "Oui, il y a une grosse minorité kurde en Syrie", a déclaré 
le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères. 
"Que cette minorité kurde ait le droit de prendre part à la 
formation de la Syrie pacifique à venir est tout à fait juste". 
    La France semble être sur une ligne moins tranchée. 
    "Il est évident qu'au bout du compte, ils (le PYD, NDLR) 
devront être associés à un accord définitif", dit-on de source 
diplomatique française.  
    L'opposition estime toutefois que le PYD ne fait pas partie 
des opposants au régime de Damas et elle refuse d'être associée 
à la formation kurde dans les négociations, précise-t-on de même 
source diplomatique. 
    "Ils ont défini un cadre de négociations qui prévoit des 
dispositions et en premier lieu que Bachar al Assad doit partir 
et à ma connaissance, ce n'est pas la position du PYD", a-t-on 
déclaré.  
 
 (Tom Perry avec John Irish à Paris et Tina Bellon à Berlin; 
Jean-Philippe Lefief, Marine Penetier et Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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