L'opposition syrienne progresse sur tous les terrains

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LES "AMIS DE LA SYRIE" RECONNAISSENT LA COALITION SYRIENNE
LES "AMIS DE LA SYRIE" RECONNAISSENT LA COALITION SYRIENNE

par Samia Nakhoul et Khaled Yacoub Oweis

MARRAKECH, Maroc (Reuters) - Forte désormais d'une large reconnaissance internationale et de la progression des insurgés autour de Damas, l'opposition syrienne a appelé mercredi les Alaouites à se soulever contre leur coreligionnaire, le président Bachar al Assad.

Les nations occidentales et arabes favorables aux rebelles ont reconnu officiellement l'opposition, une étape cruciale qui laisse entendre que le conflit vieux de 20 mois est proche d'un point de basculement.

Réunis mercredi dans la ville marocaine de Marrakech, alors que les rebelles combattent les troupes du président aux abords de Damas, les 130 pays et organisations qui composent les "Amis de la Syrie" ont reconnu la nouvelle coalition de l'opposition syrienne comme seule représentante du peuple syrien.

"Les participants reconnaissent la Coalition nationale comme la représentante légitime du peuple syrien et l'organisation qui fédère l'opposition syrienne", dit un texte des "Amis de la Syrie" que s'est procuré Reuters.

Lors de cette même réunion, Mouaz al Khatib, le président de la Coalition nationale syrienne (CNS) a demandé à la communauté alaouite de rejoindre l'insurrection entamée en mars 2011.

Les "Amis de la Syrie" ont également annoncé la création d'un fonds "pour soutenir le peuple syrien", appelant les États et organisations à y contribuer, et averti Damas que tout recours aux armes chimiques entraînerait une "réponse sérieuse de la communauté internationale".

"(...) Au Royaume-Uni, nous n'excluons aucune option pour sauver des vies. Le régime Assad ne devrait pas (...) mal évaluer la façon dont nous réagirions à tout usage d'arme chimique ou biologique contre le peuple syrien", a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

Le chef de la diplomatie qatarie, considérant les rebelles comme étant "aux portes de la victoire", a, lui, dit qu'il était du "devoir moral et humanitaire" des pays présents de fournir à l'opposition des "moyens légitimes".

Quelques heures plus tôt, le président américain Barack Obama a, de son côté, annoncé reconnaître la CNS comme la représentante légitime du peuple syrien, emboîtant ainsi le pas de la France, du Royaume-Uni, de la Turquie et des Etats du Golfe qui ont reconnu la nouvelle coalition le mois dernier.

"ON NE VA PAS BOUGER"

Bien qu'aucun engagement concernant l'armement de l'opposition n'ait été pris, selon un diplomate, les participants à la réunion se sont accordés sur "le besoin légitime du peuple syrien" de se défendre.

Selon un autre diplomate, les forces occidentales n'écartent pas l'idée d'armer les rebelles mais souhaitent des garanties au regard des atrocités commises par des insurgés et de la présence d'islamistes radicaux dans leurs rangs.

"On (la France) ne va pas bouger", a affirmé le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, qui ne veut pas "aller dans le chemin irakien". "On verra dans les prochains mois."

Le Qatar et l'Arabie saoudite arment et financent déjà les Frères musulmans syriens et d'autres groupes d'activistes, tandis que Téhéran soutient Bachar al Assad dans ce conflit qui compte déjà 40.000 morts.

Les États-Unis ont par ailleurs fourni six hélicoptères militaires aux forces aériennes libanaises dans le cadre d'une "assistance militaire bilatérale", a-t-on appris mercredi de source diplomatique.

Sur le terrain, les combats se rapprochent de la résidence de Bachar al Assad dans le centre de Damas. Mercredi matin, des tirs de roquettes et l'artillerie des forces loyalistes ont frappé la banlieue sud-ouest de la capitale, près de l'aéroport militaire de Mezzeh, selon des insurgés.

Des "terroristes" ont déclenché deux bombes dans le quartier de Jarmana, faisant un mort et cinq blessés, et deux autres bombes ont explosé derrière le ministère de la Justice, blessant une personne, rapporte par ailleurs l'agence officielle Sana.

Dans le centre du pays, une attaque, dont l'origine reste indéfinie, a tué ou blessé quelque 200 membres de la communauté minoritaire alaouite, selon des rebelles.

Après une série de victoires, les rebelles, principalement sunnites, contrôlent désormais un arc presque continu de l'est au sud-ouest de la capitale.

Avec Dominic Evans et Oliver Holmes à Beyrouth, Matt Spetalnick à Washington; Agathe Machecourt pour le service français, édité par Pascal Liétout

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